Un plan commun entre féministes identitaires et ultradroite révélé par des messages Telegram
Plan commun entre féministes identitaires et ultradroite révélé

Un plan commun entre féministes identitaires et ultradroite révélé par des messages Telegram

Une conversation sur Telegram datant d'octobre 2025 a déclenché une vive polémique. Ces échanges, révélés par le journal L'Humanité et consultés par BFM, démontrent l'existence d'un plan organisé entre une responsable du collectif féministe identitaire Némésis et un leader du groupuscule d'ultradroite Audace Lyon, émanation du groupe dissous Lyon Populaire. L'objectif avoué était d'attirer des militants de l'ultragauche, notamment ceux de La Jeune Garde, dans une confrontation violente.

Le collectif Némésis a rapidement réagi sur ses réseaux sociaux en dénonçant « une opération d'intoxication par contrefeu », quelques jours seulement après la mort tragique de Quentin Deranque. Ce militant d'extrême droite radicale et identitaire a été tué à Lyon lors d'une rixe avec des militants d'ultragauche, alors qu'il accompagnait justement le groupe Némésis sur une action militante le jeudi 12 février.

Le contenu des messages compromettants

Selon les messages cités par BFM, tout commence avec l'organisation d'une action militante imaginée par le collectif Némésis. Ornella, la responsable du groupe, s'inquiète de l'arrivée possible de militants de La Jeune Garde pendant l'événement prévu le soir même sur le campus Carnot de l'université catholique de Lyon.

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Calixte Guy, membre du groupuscule Audace Lyon, lui propose alors : « Vous allez à Lyon 2-Lyon 3 faire votre action nous, on monte une équipe sur place pour choper les gauches ». Il confirme même que les militants d'ultradroite les attendront en planque dans un bar à proximité, prêts à intervenir.

Alors que la responsable de Némésis pense d'abord à annuler l'action, elle imagine une autre stratégie. « Mais on peut être deux ou trois filles, à tracter là où vous voulez les choper, un peu pour faire l'appât », suggère-t-elle. Le leader d'ultradroite répond avec enthousiasme : « Franchement, faites-le ». Finalement, ce traquenard se soldera par un échec complet. Alors que les militantes commencent à coller des stickers, aucun militant d'ultragauche ne se présente et Calixte Guy ordonne aux participants de rentrer chez eux.

La réaction du collectif Némésis et les implications politiques

Dans un communiqué publié mardi sur ses réseaux sociaux, le groupe Némésis a dénoncé avec virulence ce qu'il qualifie d'« opération d'intoxication par contrefeu ». Le collectif annonce son intention de déposer plainte contre L'Humanité pour diffamation, affirmant que « ce journal dénature des échanges privés qui – à supposer même qu'ils soient vrais, ce qui reste à démontrer – sont en tout état de cause sortis de leur contexte pour mieux calomnier et diaboliser notre collectif ».

Le parquet de Lyon, contacté par 20 Minutes, n'a pour sa part pas souhaité communiquer sur ces faits, laissant planer le doute sur d'éventuelles suites judiciaires.

Sur le plan politique, le député LFI Ugo Bernalicis a interpellé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. « Les faits sont graves. Ils décrivent des méthodes d'intimidation et de violences politiques assumées. Des fémo-nationalistes qui échangent avec des néonazis pour piéger et frapper des opposants politiques », a martelé l'élu, avant de demander si le ministre allait « saisir la justice pour demander la dissolution judiciaire du collectif Némésis ».

Le ministre de l'Intérieur a répondu avec prudence : « Je suis un républicain. Il n'y a aucun groupe qui échappe au contrôle et à la vigilance des services qui sont placés sous mon autorité », rappelant qu'une enquête était en cours sur les faits survenus à Lyon. Il a ajouté qu'il analyserait, « comme je le fais pour tous les groupes d'ultradroite ou d'ultragauche, s'il rentre dans le cadre de la dissolution ou pas ».

Cette affaire révèle ainsi des liens troublants entre différents mouvements extrémistes et pose des questions cruciales sur les méthodes de certains collectifs militants, dans un contexte déjà tendu par la mort récente de Quentin Deranque.

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