Un photographe de Pauillac suspecté de détournement d'images d'enfants
Un homme de 64 ans, photographe bien connu dans le Médoc, est actuellement visé par une enquête pénale pour suspicion de génération de contenu pédopornographique à partir de clichés d'enfants réalisés dans le cadre de son activité professionnelle. Cette affaire, révélée début décembre, a provoqué une onde de choc à Pauillac et dans ses environs, particulièrement parmi les parents potentiellement concernés.
Une activité photographique étendue
Le suspect, qui reste présumé innocent, exerçait une activité diversifiée couvrant les mariages, portraits familiaux, événements associatifs, galas, kermesses, animations scolaires et manifestations d'entreprises. Il intervenait principalement en Gironde et dans la région bordelaise, mais aussi ponctuellement sur l'ensemble du territoire français.
Dans la rue Aristide-Briand à Pauillac, où se trouvait sa boutique, un nouveau commerce a désormais pris place. Si le local a changé d'enseigne, l'émotion et l'inquiétude persistent au sein de la communauté.
La mobilisation des familles
Face à cette situation, un groupe nommé Les sentinelles des enfants du Médoc s'est constitué, fédérant environ 300 personnes. Ces familles, craignant que leurs enfants aient été victimes, cherchent à obtenir des informations précises sur l'avancée de l'enquête.
Amélia, une mère de famille trentenaire, témoigne : « Dès que j'ai eu connaissance de l'affaire, j'ai contacté la gendarmerie, mais on m'a indiqué qu'il fallait patienter. On nous a ensuite donné une adresse email pour envoyer les photos des enfants potentiellement concernés, puis plus de nouvelles ! »
Pour rompre ce silence, les parents se sont rassemblés sur un groupe Facebook et ont décidé d'envoyer un courrier au parquet. Les services du procureur ont répondu en sollicitant l'association Vict'Aid pour qu'elle prenne contact avec les requérants, apporte des réponses à leurs interrogations et précise les modalités de constitution de partie civile dans le cadre de la procédure judiciaire. Un entretien a eu lieu le 18 mars 2026 avec un représentant du collectif.
L'attente, une épreuve difficile
Amélia exprime son angoisse : « On vit dans cette inquiétude permanente de savoir si notre enfant est concerné. On veut savoir. » Inquiète pour sa fille de 5 ans ainsi que pour son neveu et sa nièce, elle ajoute : « J'éprouve de la colère contre le suspect, et de la peur en pensant qu'il a utilisé l'image de nos enfants. Ce qui me rassure, c'est que ma fille n'a pas subi de contrainte physique. »
Elle reconnaît cependant la complexité de l'enquête : « À la vue du nombre de fichiers – des milliers –, je comprends que cela prenne du temps. Il y a sûrement des centaines d'enfants concernés, car ce photographe évoluait partout dans la région. On se dit tous que l'identification de chaque victime va être longue. »
Les familles ne s'attendent pas à des nouvelles rapides. Amélia conclut : « Vu le rythme de la justice, il va se passer des années avant un jugement. On attend un courrier nous indiquant si nous serons convoqués au procès. » En attendant, elles peuvent contacter la gendarmerie par email à photo33@gendarmerie.interieur.gouv.fr.



