Nice : le Mossad accusé du meurtre d'un chercheur iranien, l'enquête en doute
Nice : le Mossad accusé du meurtre d'un chercheur iranien

Près de trois mois après le meurtre d'un chercheur iranien de 33 ans à Nice, les autorités iraniennes accusent les services secrets israéliens d'en être les commanditaires. Selon nos confrères du Parisien, cette thèse est relayée par plusieurs médias liés au régime de Téhéran. Mais à ce stade, elle n'est étayée par aucun élément de l'enquête judiciaire française.

Les faits : un meurtre à l'arme blanche

Le 28 mars dernier, Ali Ehsanian, ressortissant iranien âgé de 33 ans, est mortellement blessé à l'arme blanche devant son appartement de l'avenue des Bosquets, à Nice-Ouest. Un adolescent de 15 ans, déjà connu pour des faits de violences associés à des troubles du comportement, est interpellé quelques heures plus tard, mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire.

Selon les déclarations faites lors de sa garde à vue, le mineur affirmait avoir tué un homme qu'il présentait comme un pédophile. Il soutenait avoir été victime d'une agression sexuelle après un rendez-vous fixé via les réseaux sociaux. Une version que les enquêteurs accueillent avec prudence. Dès le lendemain des faits, le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, souligne qu'« aucun élément n'a permis de mettre au jour un mobile associé à ce passage à l'acte ».

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Une accusation venue de Téhéran

L'affaire connaît aujourd'hui un rebondissement médiatique à la faveur d'articles publiés par Press TV, un média iranien proche du pouvoir, puis relayés par Le Parisien. Dans un long article consacré au parcours d'Ali Ehsanian, présenté comme un spécialiste de l'intelligence artificielle ayant notamment collaboré avec le ministère iranien de la Défense durant son service militaire, Press TV affirme que « tous les éléments convergent vers le Mossad », le service de renseignement extérieur israélien.

Le média iranien inscrit cette mort dans une prétendue campagne d'assassinats ciblés visant les scientifiques iraniens travaillant sur des technologies stratégiques. Aucune preuve n'est toutefois apportée à l'appui de cette accusation. Le chercheur, titulaire d'un doctorat obtenu à la Sorbonne, avait travaillé sur des sujets liés aux réseaux sans fil de nouvelle génération et à l'intelligence artificielle. Selon la presse d'État iranienne, ses travaux auraient présenté un intérêt potentiel pour les domaines militaires.

Aucun élément judiciaire confirmant la thèse

À ce stade, rien dans les éléments rendus publics par la justice française ne permet d'établir un lien entre le meurtre et les activités professionnelles de la victime. Contacté par Nice-Matin, le parquet de Nice indique qu'une enquête est toujours conduite dans le cadre d'une information judiciaire ouverte pour assassinat, avec la question du mobile au cœur des investigations.

Selon Le Parisien, plusieurs spécialistes israéliens du renseignement interrogés jugent peu crédible l'hypothèse avancée par Téhéran. L'un d'eux estime notamment qu'il serait contraire aux méthodes habituellement attribuées au Mossad de confier une opération de ce type à un adolescent de 15 ans, immédiatement identifié et arrêté après les faits.

Un écho médiatique en Iran et la communauté locale

Cette affaire a récemment retrouvé un écho médiatique en Iran après le rapatriement du corps d'Ali Ehsanian, début juin, plus de six semaines après son décès. Le chercheur a finalement été inhumé le 12 juin dans sa région natale de Fars.

À Nice, en revanche, les accusations relayées par les médias d'État iraniens n'ont pas trouvé d'écho particulier au sein de la communauté iranienne azuréenne. Plusieurs membres de la communauté iranienne locale contactés par Nice-Matin indiquent n'avoir jamais entendu parler d'une éventuelle implication du Mossad avant la publication récente d'articles dans la presse iranienne puis française. Aucun des interlocuteurs interrogés ne dit disposer d'informations particulières sur la victime ou sur un éventuel lien entre ses activités de recherche et son assassinat.

En attendant les conclusions de l'enquête française, les circonstances exactes et le mobile du meurtre demeurent incertains.

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