Un crime non élucidé un an après les faits
Qui a tué Karen Carter, le soir du 29 avril 2025, devant sa maison de Trémolat en Dordogne ? Malgré de nombreuses pistes ouvertes par les enquêteurs, aucune inculpation n'a été prononcée, un an après ce meurtre particulièrement violent. La victime, âgée de 58 ans, a été poignardée à huit reprises peu après 22 heures, sans témoin direct et sans que l'arme du crime ne soit retrouvée. L'affaire, qui a profondément marqué cette petite commune du Périgord, reste entièrement mystérieuse.
L'amoureux : premier suspect et découvreur du corps
Le premier individu à être suspecté est précisément celui qui a découvert le corps et alerté les secours. Cet homme de 70 ans, bien connu dans la commune pour son engagement associatif, entretenait une relation amoureuse avec Karen Carter. Plus tôt dans la soirée du drame, ils avaient organisé ensemble une dégustation de vins locaux avec une dizaine d'invités.
Ingénieur de formation et ancien directeur de la branche française d'une grande entreprise technologique, il s'était installé à Trémolat pour une retraite paisible. Parfaitement intégré, il était un pilier de l'épicerie associative et président bénévole du Café Village, où Karen Carter était également très active. C'est dans ce cadre associatif que leur relation aurait débuté.
Interrogé par la presse locale, l'homme refuse de s'exprimer et affirme n'avoir aucune nouvelle de l'enquête depuis plusieurs mois. Bien que placé en garde à vue initialement, il a finalement été libéré après avoir désigné une autre suspecte potentielle aux enquêteurs.
La rivale : une jalousie amoureuse au cœur des suspicions
Les investigations ont rapidement révélé l'existence d'une femme de 69 ans, amoureuse du septuagénaire mais dont les sentiments n'étaient pas réciproques. Cette rivalité amoureuse avec la victime en faisait une suspecte idéale aux yeux des enquêteurs.
Ancienne professionnelle du médico-social, elle était également bien intégrée dans la vie communale et s'était beaucoup investie dans l'histoire du village. Son frère, issu d'une vieille famille trémolacoise, a immédiatement pris sa défense, affirmant qu'elle était incapable d'un tel acte et n'aurait pas eu la force physique nécessaire.
Malgré ces éléments de défense, elle a été placée en garde à vue quelques jours après les faits. Sa propriété a été minutieusement perquisitionnée, avec même des sondages de puits et d'excavations, sans résultat probant.
Le mari : la piste d'un crime commandité
Une troisième piste sérieuse explore l'hypothèse d'un crime commandité depuis l'étranger. Karen Carter, née Beaumont de parents britanniques, était mariée depuis plus de trente ans à un homme rencontré en Afrique du Sud. Docteur en biologie marine et diplômé en comptabilité, il avait fondé une société d'expertise environnementale.
Selon une amie de la victime, Karen Carter avait l'intention de divorcer et avait envoyé les papiers nécessaires à son mari la veille de sa mort. Cette information a alimenté les spéculations sur un possible assassinat commandité par un mari jaloux ou dans le cadre d'un partage litigieux des biens familiaux.
Le mystérieux "rôdeur" et d'autres hypothèses
Les enquêteurs n'excluent pas non plus la piste d'un crime opportuniste commis par un individu extérieur. Quelques semaines après le meurtre, un "rôdeur" aurait été placé en garde à vue. Selon le maire de Trémolat, Éric Chassagne, il s'agissait d'un homme "bien dérangé" qui se promenait nu dans les bois.
Un habitant de la commune ajoute : "C'était un pauvre malheureux d'un centre social. Des gens lui donnaient des vêtements. Je crois qu'il était un peu fou. Mais Karen a tout aussi bien pu faire une mauvaise rencontre en rentrant chez elle."
Une enquête qui se poursuit sans avancée majeure
Un an après ce drame, l'enquête se poursuit activement mais sans avancée décisive. Aucun mobile clair n'a émergé, et l'absence d'arme du crime comme de témoins directs complique considérablement les investigations. Les habitants de Trémolat, profondément marqués par ce meurtre, attendent toujours des réponses.
Le caractère particulièrement violent du crime - huit coups de couteau - suggère un acte prémédité ou commis sous l'emprise d'une forte émotion. Mais pour l'instant, toutes les pistes restent ouvertes, et le mystère demeure entier sur l'identité de l'assassin de Karen Carter.