Lotos illégaux près de Montpellier : trois organisateurs interpellés pour 1,5 million d'euros de bénéfices
Trois Héraultais, à la tête d'une société, sont soupçonnés d'avoir organisé des lotos pour le compte d'associations dans une salle de Pérols près de Montpellier, en contournant délibérément le cadre légal strict. Une enquête policière ouverte en novembre 2024 a abouti récemment à leur interpellation et à d'importantes saisies immobilières, révélant un bénéfice cumulé estimé à plus de 1,5 million d'euros depuis début 2023.
Un système lucratif au détriment des associations
Les trois hommes, un Palavasien de 53 ans et deux Lattois de 50 et 51 ans, sont poursuivis pour organisation de loterie prohibée, non-déclaration de recette de cercle de jeux et plusieurs infractions sociales. Ils font l'objet d'une convocation devant la justice en juin prochain. Selon les investigations, l'entreprise organisatrice programmait une ou deux manifestations par semaine, attirant un nombre significatif de participants.
En France, les lotos sont réservés aux structures associatives, qui y trouvent un moyen de financer leurs activités sans enrichissement personnel. Une société ne peut s'y livrer qu'à condition de reverser 85% des sommes collectées aux associations bénéficiaires. Dans cette affaire, les associations n'auraient perçu que quelques centaines d'euros à l'issue de chaque événement, créant un manque à gagner considérable pour les acteurs locaux.
Des saisies conséquentes suite à l'enquête
L'enquête, menée par le Service local de police judiciaire (SLPJ) et le Groupe interministériel de recherche (Gir) sur la base d'un signalement par article 40, a permis d'identifier les trois dirigeants en septembre dernier. Ils ont été interpellés, placés en garde à vue, puis remis en liberté tandis que les investigations se poursuivaient.
Des saisies bancaires ont d'abord été effectuées pour un montant approchant les 15 000 euros. En décembre dernier, une saisie pénale immobilière a visé la salle où se déroulaient les lotos, propriété d'une SCI gérée par l'un des mis en cause, pour une valeur de 371 000 euros. Récemment, la maison d'un des trois hommes, d'une valeur proche de 500 000 euros, a également été saisie, marquant une étape cruciale dans la récupération des fonds détournés.
Le bénéfice initialement estimé à 880 000 euros a été réévalué à plus de 1,5 million d'euros, soulignant l'ampleur de cette affaire qui ébranle le milieu associatif local et met en lumière les dérives potentielles dans l'organisation de jeux d'argent.