Un jeune homme de 19 ans a été jugé le lundi 27 octobre devant le tribunal correctionnel d’Alès, après avoir été interpellé le 22 octobre en début de soirée, rue du Lozère, sur le point de deal du quartier des Cévennes. Les policiers de la brigade anticriminalité (BAC) l’ont vu cacher un sachet contenant de l’herbe de cannabis, du shit et de la cocaïne. Pourtant, le mis en cause nie farouchement être un vendeur de drogue.
Un déni catégorique
Le jeune Gardois explique s’être rendu dans ce quartier pour voir sa grand-mère et avoir été dans la rue, au téléphone, pour « commander à manger ». Il affirme que les policiers « ont une petite dent » contre lui car, lors de chaque contrôle, ils ne trouvent rien à lui reprocher. Il ajoute : « Aux Cévennes, on est beaucoup à avoir les cheveux longs, des sacoches. Il y a beaucoup de jeunes. Ils ont récupéré la sacoche à côté de moi ; je ne savais même pas qu’elle était là. »
La défense conteste la procédure
Dès l’ouverture de l’audience, Me Florence Mendez, avocate de la défense, a soulevé une requête en nullité en présentant les procès-verbaux de trois policiers, qu’elle qualifie de « copiés-collés ». Elle a déclaré : « Ils doivent rapporter ce qu’on a vu ; ils ne valent rien. C’est quand même particulièrement dérangeant. » De son côté, la substitut du procureur, Cindy Fernandez, a estimé que cela ne suffisait pas à mettre à mal la procédure.
La réaction du parquet
La parquetière s’est agacée des propos du jeune homme, qui a déjà été condamné trois fois devant la juridiction pour mineurs et a passé neuf mois en détention. Elle a lancé : « Ça l’amuse bien ce qu’il se passe là et il n’a toujours pas compris. Ce n’est pas un jeu. Il se moque de tout le monde. Celui qui a intérêt à mentir et à raconter n’importe quoi, c’est lui ! Il espère certainement s’en sortir, mais il ne s’en sortira pas. » Elle a requis huit mois de prison et une interdiction de paraître à Alès pendant deux ans.
La peine prononcée
Les magistrats du siège ont suivi ces réquisitions, prononçant huit mois de prison et l’interdiction de séjour à Alès pour deux ans. Ce verdict a été rendu malgré l’annulation de deux des trois procès-verbaux et le rejet du délit d’acquisition. Me Mendez, qui plaidait la relaxe, a déclaré : « Vous n’avez rien ! » Elle a décrit son client comme un jeune « attachant » qui, « s’il vivait du trafic de stups, n’aurait pas des chaussures trouées », faisant référence aux chaussures qu’il portait à la barre.



