Le nom de Jack Lang ainsi que celui de sa fille Caroline apparaissent dans de nouveaux documents révélés liés au financier américain Jeffrey Epstein, condamné en 2008 pour trafic sexuel et décédé par suicide en 2019 dans sa cellule. L'ancien ministre et actuel président de l'Institut du Monde arabe a déclaré lundi 2 février à l'AFP assumer "pleinement les liens" qu'il avait pu créer avec Jeffrey Epstein, "à une époque où rien ne laissait supposer (qu'il) pouvait être au cœur d'un réseau de criminalité".
Des échanges révélés par des documents publiés
Le nom de Jack Lang et de sa fille Caroline apparaît dans plusieurs échanges avec le criminel sexuel américain, dans la base de documents publiée vendredi par le ministère américain de la Justice. Cette publication s'inscrit dans le cadre de la transparence exigée sur ce dossier politiquement explosif.
La réaction de Jack Lang : indignation et menace de poursuites
"J'ai été profondément heurté par les révélations" sur les activités criminelles de Jeffrey Epstein, "comme je le suis aujourd'hui d'être associé à un criminel, par sous-entendus souvent, parfois avec une réelle intention de me nuire. Par conséquent, je suis résolu à poursuivre en justice quiconque propagera à mon sujet des propos menaçants, haineux et diffamatoires", a poursuivi Jack Lang dans un communiqué transmis à l'AFP.
Une rencontre par l'intermédiaire de Woody Allen
Dans ce même communiqué, il explique avoir fait la connaissance de Jeffrey Epstein "voici une quinzaine d'années" par l'intermédiaire du réalisateur américain Woody Allen. "Volontiers mécène, il fréquentait alors le Tout-Paris. Il nous avait séduits par son érudition, sa culture, sa curiosité intellectuelle", ajoute-t-il, saluant également sa "gentillesse" lors du décès de sa fille Valérie Lang.
"Quand je noue un rapport de sympathie, je n'ai pas l'habitude de demander à mon interlocuteur son casier judiciaire. Je fais confiance. J'aime les rencontres fortuites de la vie quotidienne. Ainsi continue à s'ordonner ma vie. Je suis tombé des nues quand j'ai découvert les crimes dont il s'était rendu coupable", poursuit-il.
Une prise de distance nette avec les actes criminels
"Les valeurs humaines qui m'habitent, de dignité et de probité notamment, celles qui ont construit ma vie d'homme et de citoyen, sont radicalement étrangères à ces pratiques odieuses. Mes pensées iront toujours aux victimes, nombreuses, de tels agissements." Il réaffirme : "J'assume pleinement les liens que j'ai pu créer, à une époque où rien ne laissait supposer que Jeffrey Epstein pouvait être au cœur d'un réseau de criminalité. Si j'en avais été informé, j'aurais stoppé tout net mes relations avec lui."
Contexte : la publication des documents Epstein
Le ministère américain de la Justice a entrepris vendredi dernier la publication d'une masse de documents supplémentaires concernant Jeffrey Epstein, affirmant avoir ainsi respecté l'obligation imposée à l'administration Trump de faire toute la transparence sur ce dossier. Le richissime financier a été retrouvé pendu dans sa cellule en 2019 à New York avant de devoir être jugé pour avoir monté un système d'exploitation sexuelle de jeunes filles mineures.



