Le tribunal criminel de l'Allier a rendu son verdict ce lundi 22 mai 2025. Emmanuelle Mathey, 42 ans, a été condamnée à 22 ans de réclusion criminelle pour l'assassinat de sa fille de 7 ans, survenu en janvier 2023 à Moulins.
Un drame familial
Le 15 janvier 2023, les secours avaient retrouvé le corps sans vie de la petite Léa, 7 ans, dans le domicile familial. L'autopsie avait révélé que l'enfant avait été victime de violences ayant entraîné la mort. Emmanuelle Mathey, sa mère, avait immédiatement été placée en garde à vue.
Durant l'enquête, les investigations ont mis en lumière un contexte de maltraitance chronique. Des témoignages et des expertises psychologiques ont montré que la mère présentait des troubles de la personnalité, mais sans altération du discernement au moment des faits. L'accusée a toujours nié avoir voulu tuer sa fille, évoquant un geste accidentel lors d'une punition.
Un procès sous haute tension
Le procès, qui s'est tenu du 15 au 22 mai 2025, a été marqué par des débats houleux. L'avocat général avait requis 25 ans de réclusion criminelle, soulignant la préméditation des actes. La défense, elle, plaidait pour une qualification de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, et demandait une peine de 15 ans.
Les jurés ont finalement retenu la qualification d'assassinat, reconnaissant l'intention homicide. La peine de 22 ans a été prononcée, assortie d'une période de sûreté de 15 ans.
Les réactions
Le père de l'enfant, présent au procès, a exprimé son soulagement : "Enfin justice est rendue pour Léa. Rien ne la ramènera, mais cette condamnation est une reconnaissance de sa souffrance."
De son côté, l'avocate d'Emmanuelle Mathey a annoncé son intention de faire appel. "Ma cliente est effondrée. Elle n'a jamais voulu la mort de sa fille et cette peine est disproportionnée au regard de son état psychologique", a-t-elle déclaré.
Un contexte plus large
Cette affaire s'inscrit dans une série de faits divers tragiques impliquant des violences intrafamiliales. Selon les statistiques, en France, un enfant meurt tous les cinq jours sous les coups de ses parents. Les associations de protection de l'enfance appellent à une meilleure prévention et à un renforcement des signalements.
L'affaire Emmanuelle Mathey a également relancé le débat sur la place de la psychiatrie dans le système judiciaire. Des experts estiment que des troubles non traités peuvent conduire à des passages à l'acte dramatiques.



