Incendie en Suisse : l'enquête s'élargit à 13 personnes après le drame de Crans-Montana
L'instruction pénale sur le drame survenu dans un bar de la station suisse de Crans-Montana, qui a causé la mort de 41 personnes et blessé 115 autres la nuit du Nouvel An, concerne désormais 13 individus. Cette extension de l'enquête, révélée par l'agence de presse Keystone-ATS, fait suite à une troisième série d'auditions menée par le ministère public du Valais.
Quatre responsables municipaux ajoutés à la liste des mis en cause
Les nouvelles mises en cause incluent quatre responsables et ex-responsables municipaux. Parmi eux figurent l'actuel conseiller communal chargé de la sécurité de Crans-Montana, l'adjoint au chef de service de la sécurité publique, un ancien conseiller municipal responsable de la sécurité entre 2013 et 2016, ainsi que l'ancien président de la commune voisine de Chermignon entre 2009 et 2016. Ces personnes seront auditionnées entre le 11 mai et le 3 juin.
Le principal mis en cause dans cette affaire reste Jacques Moretti, un Français co-propriétaire avec son épouse Jessica du bar Le Constellation. Il doit être de nouveau entendu le 5 juin, après que sa dernière audition prévue le 7 avril a été reportée suite au dépôt de certificats médicaux par ses avocats.
Absence de contrôles de sécurité et d'incendie depuis 2019
Cette annonce intervient après une nouvelle vague d'auditions réalisées ces deux dernières semaines auprès de responsables ou d'anciens responsables de Crans-Montana, dont l'actuel maire Nicolas Féraud. La commune a reconnu l'absence de contrôles de sécurité et d'incendie dans le bar depuis 2019, alors que ces vérifications sont censées être effectuées annuellement.
Lundi, Nicolas Féraud a écarté toute responsabilité personnelle, affirmant devant les magistrats ne pas avoir été alerté de ces manquements et avoir donné les moyens nécessaires à ses services pour assurer ces contrôles.
Réactions et avancement de l'enquête
« Il faut saluer l'avancement de l'enquête et le rythme soutenu des auditions menées. Nous avançons et, pour les familles, c'est plus que précieux », a déclaré Me Romain Jordan, un avocat des parties civiles. Sollicité, le ministère public valaisan n'était pas immédiatement disponible pour commenter ces développements.
Bilan humain et causes de la tragédie
Le drame, survenu lors des célébrations de la Saint-Sylvestre, a principalement touché des adolescents et de jeunes adultes, dont de nombreux étrangers, en particulier des Italiens et des Français. Selon les derniers chiffres de l'Office fédéral de la protection civile, 38 patients sont toujours hospitalisés ou en centre de réadaptation, dont la moitié à l'étranger.
L'enquête a établi que l'incendie a été déclenché par les étincelles de bougies « fontaine » qui ont enflammé une mousse insonorisante au plafond du sous-sol du bar. Cette tragédie soulève des questions cruciales sur la gestion de la sécurité dans les établissements publics et la responsabilité des autorités locales.



