Ce jeudi matin encore, les habitants de Fleurance, dans le Gers, voulaient garder espoir. « On croise les doigts », répétaient les uns et les autres en évoquant les intenses recherches pour retrouver la jeune Lyhanna, 11 ans, disparue vendredi dernier. Mais le temps s’est brutalement arrêté vers 16 heures, lorsque les médias ont annoncé la découverte d’un corps à Puycasquier, une commune voisine. Des analyses sont en cours mais il s’agit vraisemblablement de la collégienne.
Le temps suspendu au café du coin
Sur l’écran du café du coin, les images d’une course de vélo ont laissé place au bandeau rouge « Alerte Info » de BFM TV. En quelques secondes, le brouhaha habituel s’est éteint. Les habitués, des retraités qui jouaient tranquillement aux cartes, se sont tous levés d’un coup, les yeux rivés vers les écrans plats à l’intérieur et à l’extérieur du lieu. Les visages sont figés, graves. Sur la terrasse, une jeune femme fond en larmes, fuyant les regards.
À 16 heures, le temps s'est arrêté à Fleurance. Un corps a été retrouvé près de Fleurance. « C’est un coup de massue », ont confié plusieurs habitants.
Une communauté anéantie
Les habitants, spectateurs à leurs dépens de ce théâtre judiciaire et médiatique, viennent d’assister au dénouement dramatique de cette affaire. Près de la mairie, au cœur de Fleurance, Céline, 38 ans, avance le visage fermé. « Ça faisait presque une semaine, on se doutait de comment ça allait finir. Mais c’est un coup de massue. Ce n’est qu’une petite fille… Elle a l’âge de ma nièce », confie-t-elle la voix tremblante, alors que les passants s’agglutinent les uns après les autres devant la télé.
Un peu plus loin, Christelle, une autre habitante de Fleurance, peine à masquer son émotion. « C’est affreux. Puycasquier, c’est juste à côté ! Comment on a pu en arriver là ? », lâche-t-elle les yeux humides, la gorge serrée, alors que les détails arrivent au compte-goutte sur la chaîne d’informations en continu.
La colère gronde
Au-delà de l’immense tristesse, c’est la colère qui commence à se faire entendre. Le profil de Jérôme B., déjà visé par plusieurs plaintes pour viols sur mineurs, ne passe pas. « Si la justice avait fait son travail, on n’en serait pas là », s’emporte Sandrine, commerçante. « C’est malheureux, surtout pour la famille. Au moins, les parents vont pouvoir faire leur deuil… Mais lui, il aurait dû être en prison depuis longtemps. Ça n’aurait jamais dû se passer », s’émeut Alain, les cartes en main.



