Procès à Bordeaux : un ex-cuisinier jugé pour tentative de meurtre sur un couple
Ex-cuisinier jugé pour tentative de meurtre à Bordeaux

Depuis ce 23 avril, Samphors Saing, un ancien cuisinier de 31 ans, comparaît devant la cour d’assises de la Gironde, à Bordeaux, pour des faits de tentative de meurtre commis le 4 janvier 2023. Ce jour-là, dans un restaurant asiatique d’Arcachon, il s’en est pris à un couple de collègues, dont une jeune femme enceinte. L’accusé, peu loquace, a avancé des motifs de moquerie et de maltraitance alimentaire pour expliquer son geste.

Des faits d’une violence inouïe

Les faits se sont produits en début de soirée, alors que Samphors Saing préparait des sushis. Soudain, il s’est rué sur une serveuse, armé d’un couteau de 15 cm de long et 7 cm de large, et l’a frappée à la tête. Alerté par les cris, le compagnon de la serveuse, qui travaillait dans l’arrière-cuisine, est intervenu et a reçu à son tour des coups de couteau. Les deux victimes ont été atteintes au crâne. L’homme a subi un scalp de 38 centimètres, tandis que la femme a été blessée à la tête et à une main. Samphors Saing, également blessé, s’est enfui et s’est présenté en sang au bureau de la police municipale.

Un accusé renfermé

Au premier jour du procès, la cour s’est penchée sur la personnalité de l’accusé. D’origine cambodgienne, Samphors Saing ne s’exprime spontanément que pour évoquer « une vie normale » et « de bonnes relations avec tout le monde ». L’enquêtrice de personnalité le décrit comme « très réservé et en difficulté pour pratiquer une certaine introspection ». Une experte psychologue a noté « un trouble de l’usage de l’alcool non perçu » et estime que « l’alcool a été un détonateur des affects contenus, a eu l’effet d’une cocotte-minute ».

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Un parcours marqué par le deuil

Samphors Saing a grandi dans une famille modeste au Cambodge. Après le décès de sa fiancée, mère de son enfant, dans un accident de la route en 2017, il est venu s’installer en France en 2018, chez sa sœur en Gironde. Sans papiers, il s’occupait de son neveu et donnait des coups de main dans le restaurant de son beau-frère, où le drame s’est produit. L’experte psychologue évoque un « sentiment de persécution dans son travail », mais sans pouvoir préciser davantage.

Des explications limitées

Interrogé sur les tensions avec le couple, l’accusé répond d’une petite voix : « Je ne m’entendais pas avec eux. » Pressé de questions par la présidente, il reste vague, le regard perdu. Ses seuls arguments lors de l’enquête étaient : « Ils se moquaient de moi », « ils mettaient des choses dans ma nourriture, des cure-dents, de la poussière », « j’étais en colère et j’avais bu ». Samphors Saing encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès est prévu jusqu’au 27 avril.

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