Cocoland : enquête ouverte après la réapparition du site fermé en 2024
Enquête sur le retour du site Coco, devenu Cocoland

Le site de chat Coco, fermé par la justice en juin 2024 pour avoir facilité des agressions sexuelles et des guets-apens homophobes, est réapparu sous le nom de Cocoland. Le parquet de Paris a ouvert une enquête, confiée à l'unité nationale cyber de la gendarmerie, a-t-il annoncé mardi.

Une alerte de la haute-commissaire à l'Enfance

Mi-avril, Sarah El Haïry, haute-commissaire à l'Enfance, avait alerté sur la résurgence de ce site après des révélations de Ouest-France. Elle a qualifié ce retour de « faillite collective face à la pédocriminalité ». L'association Face à l'inceste a salué l'ouverture de l'enquête tout en dénonçant « l'insuffisance de la réponse publique », le site restant actif sans vérification d'âge ni modération.

23 051 procédures judiciaires en lien avec Coco

Selon le parquet de Paris, entre janvier 2021 et mai 2024, « pas moins de 23 051 procédures judiciaires » ont été ouvertes en lien avec la plateforme, impliquant 70 parquets et 480 victimes. Le site coco.gg, présenté comme un « site de chat sans inscription », ne demandait que le genre, l'âge, le code postal et un pseudo, sans aucun contrôle.

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Le fondateur mis en examen

Isaac Steidl, fondateur italien de Coco, a été mis en examen en janvier 2025 pour complicité de trafic de stupéfiants, détention et diffusion d'images pédopornographiques, corruption de mineur et association de malfaiteurs. Son avocat, Me Julien Zanatta, assure que son client « est totalement étranger à l'ouverture du site internet en cause » et que les poursuites sont « injustes et juridiquement infondées ».

Le rôle de Coco dans l'affaire Pelicot

La plateforme a été au cœur du procès des viols de Mazan. Dominique Pelicot, condamné à 20 ans de réclusion, y recrutait des hommes pour violer sa femme, Gisèle Pelicot, après l'avoir droguée. Sarah El Haïry a rappelé que ces sites « utilisent toutes les failles, cherchent des proies, les proies ce sont des enfants » et facilitent « des guets-apens homophobes, des viols, du trafic de drogue et de la traite humaine ».

D'autres plateformes inquiètent

Des associations comme la Fondation des femmes et M'endors pas, cofondée par Caroline Darian, fille de Gisèle Pelicot, demandent l'ouverture d'une enquête sur d'autres sites où des hommes échangent des conseils pour droguer et violer leurs conjointes. CNN a révélé en mars l'existence de ces plateformes, notamment « Motherless », qui héberge plus de 20 000 vidéos dans la catégorie « sleep », dédiée aux femmes endormies ou droguées.

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