Disparition du second maître Léo Soulas : le récit d'une soirée tragique en mer
Disparition du second maître Léo Soulas : soirée tragique

Disparition du second maître Léo Soulas au large de Toulon : le récit d’une soirée en mer dramatique

Alors que ses parents ont porté plainte et espèrent des réponses, retour sur cette tragique soirée d’avril 2025 où le second maître Léo Soulas a disparu après une chute de la frégate de défense aérienne Forbin.

La veille du retour au port, la tradition parmi les marins est d’organiser un petit apéritif à bord. Une dernière soirée entre marins, heureux de rentrer chez eux et de retrouver les leurs. C’est dans ce contexte « festif » que s’est déroulée la disparition de Léo Soulas. Les auditions des militaires à bord ce soir-là vont permettre aux enquêteurs de remonter le fil de la soirée.

Une soirée arrosée dans un local technique

Ses collègues racontent qu’après avoir bu quelques verres au bar du navire, une poignée d’entre eux, dont Léo, décide de monter dans un local technique pour poursuivre la petite fête. Celui-ci se trouve sous les antennes du navire. « Ce n’est pas un lieu de passage, c’est donc un endroit idéal pour boire sans être vu », soulignent les enquêteurs. Ils retrouveront dans le local en question deux bouteilles de rosé, bues à quatre. De l’alcool acheté par les marins lors de leur dernière escale en Grèce.

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« Il connaissait mal le navire »

« Vers 21 h 45, Léo est allé aux toilettes », raconte l’un des marins. Mais plus personne ne le reverra. Les hommes présents avec lui lors de cette petite soirée assurent que le jeune homme « paraissait maître de lui-même », mais concèdent qu’il connaissait « mal le navire » et son agencement, présent à bord depuis seulement 7 jours. Il avait été en effet détaché sur le Forbin « pour prendre ses marques et découvrir l’ambiance », dans le but d’intégrer un futur poste. « C’était la première fois qu’il allait au local technique », assure l’un de ses comparses. Lorsqu’ils remarquent son absence, ses camarades assurent être partis à sa recherche. « En descendant, on a vu que la porte menant sur le toit n’était pas verrouillée, ce qui est inhabituel. La poignée était vers le haut au lieu d’être vers le bas. » Alors, que s’est-il passé ?

La peur des sanctions

Ce n’est que vers 23 h 40 que le capitaine d’armes est informé que Léo Soulas est introuvable. « On m’a dit que si on appelait la passerelle, on nous ferait souffler et qu’on se ferait sanctionner pour avoir bu... », confie l’un des marins lors de son audition pour justifier le laps de temps entre la disparition et le signalement. À 00 h 03, le Forbin fait demi-tour pour remonter son sillage. Des recherches débutent alors avec l’envoi d’un avion et d’un hélicoptère. Le Cross Med est alerté à 01 h 30, les opérations en mer débutent. Mais ne donneront malheureusement rien. Plus de vingt-quatre heures après le signalement, le vendredi 25 avril peu avant 10 heures, le ministre des Armées de l’époque, Sébastien Lecornu, indiquait que « l’espoir de secourir le second maître Léo Soulas est désormais nul ».

Travailleur et discipliné

Léo Soulas est décrit par ses compagnons de mer comme un jeune homme « très apprécié » et épanoui professionnellement. « Il était motivé, travailleur, discipliné et très respectueux de la hiérarchie. Ces qualités le plaçaient au top du secteur. Il était noté “3”, ce qui correspond à exceptionnel », dit de lui l’un de ses chefs. « Il parlait d’avenir, de projets. » Mais il était aussi « toujours à faire le clown, de bonne humeur ». Et heureux avec sa compagne, militaire comme lui à bord du Charles-de-Gaulle, avec qui il était pacsé. « Il se réjouissait de ce détachement mais il était un peu déçu de ne pas clôturer la mission à bord du Charles-de-Gaulle », confie-t-elle aux enquêteurs. « Il savait que l’on se revoyait une semaine plus tard, donc notre éloignement ne l’a pas perturbé plus que ça. » Loin de se douter que les retrouvailles n’auront jamais lieu.

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