Disparition de Lyhanna : les gendarmes ratissent le Gers sans relâche
Disparition de Lyhanna : les recherches s'intensifient

Il y a presque autant de gendarmes que de moustiques dans le bois de Lalanne, à quelques kilomètres de Fleurance, dans le Gers. Depuis la disparition de Lyhanna, les militaires multiplient les battues pour tenter de retrouver cette jeune adolescente de 11 ans, portée disparue depuis vendredi après-midi. Et si la jeune victime est toujours introuvable, « des éléments ont été trouvés sur le terrain », a indiqué ce mardi le lieutenant-colonel Christophe Romand. « Ils ont été envoyés pour des analyses, mais nous ne pouvons pas parler d’indices pour l’instant », tempère-t-il toutefois.

En attendant, les militaires ratissent les environs de Fleurance pour tenter de retrouver Lyhanna. Une course contre la montre alors que Jérôme B., le principal suspect, a été mis en examen et placé en détention provisoire à Agen pour « enlèvement » et « séquestration ». Ce père de famille de 41 ans est, semble-t-il, le dernier à avoir vu l’adolescente vivante : les images de vidéosurveillance montrent Lyhanna monter dans sa voiture devant le collège. S’il reconnaît avoir embarqué l’adolescente, il assure l’avoir laissée devant la piscine, pourtant fermée. Des éléments jugés « incohérents » par le parquet.

Une présence sur terre, dans l’air et dans l’eau

Lundi, le dispositif est monté en puissance. Entre 170 et 180 gendarmes sont désormais mobilisés. « On n’est pas dans une logique de dégrader les moyens humains », explique le colonel Philippe de Lafourcade, commandant du groupement de gendarmerie départementale du Gers. « C’est une couverture précise, chirurgicale. Nous avons une présence terrestre mais aussi un hélicoptère, des drones, des chiens, des plongeurs. L’escadron restera aussi longtemps que besoin », détaille-t-il.

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Vêtement, terre retournée, objets d’origine humaine, traces de pas, sacs… Tout ce qui accroche le regard est analysé. « Toute la ligne avance et chaque gendarme essaye de balayer du regard le maximum de terrain à la recherche de toutes traces ou indices, plus ou moins discrets, mais également en hauteur et pas seulement au sol, détaille le commandant du groupement. C’est vraiment un travail en 3D que la gendarmerie mobile maîtrise parfaitement. » Pour éviter de polluer d’éventuelles preuves, des officiers de police judiciaire (OPJ) sont intégrés au dispositif pour procéder aux saisies et aux prélèvements, avant de passer le relais aux techniciens en identification criminelle.

« Pas dans une logique de gain de temps »

Au cœur du bois de Lalanne, situé près de Montestruc-sur-Gers, là où réside le suspect, la progression est lente. « Ça dépend essentiellement du terrain. Là, en l’occurrence, le couvert végétal est dense, ce qui nécessite des moyens humains nombreux », décryptait lundi soir, le colonel de Laforcade, avant de lancer une énième battue.

De l’autre côté du bois, la ligne se reconstitue sur la route avant de repartir. Pas question de bâcler le travail. « On n’est pas dans une logique de gain de temps, il faut surtout s’assurer, quand la reconnaissance est terminée, qu’on a mis toutes les chances de notre côté », insiste le militaire. La zone, qui s’étend sur un rayon de 10 à 15 kilomètres autour de Fleurance, est immense.

Ce mardi, les militaires ont repris les ratissages dans les secteurs boisés de Boué et Bordeneuve au sud de Fleurance, ainsi que sur le secteur du bois de Belle Vue, autour de Montestruc un peu avant 15 heures. En ville, au niveau de l’aire de camping-cars, trois plongeurs du Secours nautique du Sdis 32 ont également sondé la rivière Gers. « La météo ne nous impacte pas, il arrête de pleuvoir. On continue sur notre lancée », précise, de son côté, le lieutenant-colonel Christophe Romand juste avant de monter à bord de l’hélicoptère. Malgré la détermination des troupes, l’inquiétude grandit à chaque heure qui passe. « Le temps est contre nous », admet le colonel Philippe de Laforcade.

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