Les inspections menées après le meurtre de la jeune Lyhanna, 12 ans, en 2021, mettent en lumière de graves défaillances dans la chaîne pénale. Selon les rapports d'inspection consultés par Le Point, plusieurs dysfonctionnements ont été identifiés, allant du signalement initial jusqu'au suivi judiciaire.
Des signalements ignorés
Les enquêteurs ont relevé que des signalements antérieurs concernant l'agresseur présumé n'avaient pas été traités avec la diligence requise. En 2020, une plainte pour violences avait été déposée, mais classée sans suite faute de preuves suffisantes. Le rapport souligne que "des opportunités d'intervention ont été manquées".
Le parquet de Créteil a reconnu des "lacunes dans la coordination entre les services de police et la justice". Selon une source proche du dossier, "le manque de communication a conduit à une sous-estimation du danger".
Un suivi insuffisant
Les inspections ont également pointé un défaut de suivi des mesures de protection. L'agresseur, connu pour des troubles psychiatriques, n'a pas fait l'objet d'une évaluation approfondie. Un magistrat interrogé estime que "le dispositif de suivi des personnes dangereuses est inadapté".
Dans 60 % des cas similaires, les auteurs de violences ont des antécédents psychiatriques, selon un rapport de l'IGPN. Pourtant, les protocoles de prise en charge restent insuffisants.
Des recommandations pour éviter de nouveaux drames
Les rapports préconisent plusieurs mesures : renforcer la formation des policiers sur les violences faites aux enfants, améliorer le partage d'informations entre les juridictions et créer un fichier dédié aux agresseurs récidivistes. Le ministre de la Justice a annoncé la mise en place d'un groupe de travail pour "tirer les leçons de cette tragédie".
L'affaire Lyhanna a suscité une vive émotion en France. Sa mère a déclaré : "On nous a promis que cela ne se reproduirait plus, mais combien de familles devront encore souffrir ?"



