Les caméras de vidéosurveillance de la ville de Nice ont donné raison à la victime, a annoncé le procureur de la République, Damien Martinelli, ce vendredi 24 avril 2026. Deux CRS seront jugés pour violences et vol en réunion devant le tribunal correctionnel de Nice le 1er juin prochain.
Des faits survenus dans le quartier de l'Ariane
Les faits remontent au samedi 18 avril, dans le quartier de l'Ariane à Nice. Un jeune homme né en 2003, inconnu des services de police, a déposé plainte pour vol et violences. Selon le procureur, une dispute a éclaté avec deux hommes alcoolisés qui pensaient avoir été insultés par la victime alors qu'elle téléphonait dans sa voiture. L'échange verbal a rapidement dégénéré en agression physique.
La victime a reçu plusieurs coups au visage et a été mise au sol. Après s'être relevée en traitant ses agresseurs de "lâches", elle a de nouveau été frappée et mise au sol. Les deux individus auraient alors déclaré être policiers, empêchant un voisin d'appeler la police. Pendant que la victime était au sol, l'un des agresseurs lui a dérobé 100 euros et son permis de conduire.
Une vidéo amateur accablante
Trois jours plus tard, le père de la victime a remis aux enquêteurs une vidéo amateur montrant la scène. On y voit la victime recevoir de nombreux coups à la tête alors qu'elle est au sol, et être traînée par les cheveux. La victime a reçu une incapacité totale de travail de 4 jours.
Le 22 avril, deux fonctionnaires de police d'une compagnie de CRS en déplacement à Nice, nés en 1998 et 1999 et sans antécédents judiciaires, se sont présentés avec leur hiérarchie et ont été placés en garde à vue. L'analyse des images de vidéoprotection a confirmé la version de la victime, montrant notamment la victime extraite de son véhicule par le cou, et les deux mis en cause en état d'ébriété avancé.
Des versions divergentes
Lors de leurs auditions, les deux policiers ont affirmé avoir été menacés et insultés en raison de leur qualité, et que la victime les aurait reconnus comme CRS. Le principal auteur a nié une consommation excessive d'alcool, tandis que son collègue a reconnu avoir bu plusieurs verres de rhum et de vodka. Concernant le vol, l'un d'eux a expliqué avoir ramassé des billets au sol en pensant qu'ils appartenaient à son collègue. Les deux policiers ont exprimé des regrets.
La victime, qui a également reconnu avoir consommé de l'alcool, a nié toute menace ou provocation et a affirmé ne pas avoir su qu'il s'agissait de policiers.
Réactions des avocats
Me Emile Farruggia, avocate des deux policiers, a estimé que l'orientation choisie par le procureur reflète le dossier et permettra aux fonctionnaires de préparer leur défense. En revanche, Me Sefen Gue Guez, avocat de la victime, a déploré qu'un simple contrôle judiciaire ait été requis, estimant que cela renforce un sentiment d'impunité des forces de l'ordre.
Le parquet a requis un placement sous contrôle judiciaire jusqu'au procès, avec interdiction de détenir ou porter une arme, interdiction de contact entre les deux mis en cause et interdiction de paraître dans le quartier de l'Ariane.



