Cryptomonnaies : plus de 40 enlèvements et séquestrations recensés en France
Cryptomonnaies : vague d'enlèvements et séquestrations en France

Cryptomonnaies : la face sombre et violente des actifs numériques

Tout n'est pas virtuel dans l'univers des cryptomonnaies, bien au contraire. Si les cours peuvent s'envoler, les violences physiques augmentent également de manière alarmante. Plus de quarante cas de séquestrations et/ou d'enlèvements directement liés aux cryptomonnaies ont été recensés en France depuis le mois de janvier, accompagnés d'un nombre presque équivalent d'arrestations, a déclaré jeudi Philippe Chadrys, directeur national adjoint de la police judiciaire.

Des victimes variées et des modes opératoires complexes

Les victimes de ces affaires criminelles sont diversifiées. Certaines ciblent des acteurs institutionnels ou des détenteurs de cryptomonnaies, tandis que d'autres mélangent « un peu de tout » et n'impliquent « pas forcément des enlèvements », a précisé Philippe Chadrys devant un petit groupe de journalistes. « Les modes opératoires, les commanditaires, souvent situés à l'étranger, et les méthodes de ciblage » varient considérablement, a-t-il ajouté, notant que l'identité des cibles est parfois révélée aux exécutants au dernier moment.

Un phénomène en nette augmentation depuis 2025

Ce phénomène, encore qualifié de « marginal » en 2024, a pris une ampleur significative en 2025 avec environ une trentaine d'affaires recensées. Il se caractérise principalement par des enlèvements et/ou des séquestrations accompagnées de demandes de rançon ou de remise de valeurs, a expliqué Annabelle Vandendriessche, cheffe du service d'information, de renseignement et d'analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco) du ministère de l'Intérieur.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une série d'affaires récentes et impressionnantes

Parmi les cas les plus récents, on compte une agression survenue le 10 avril à Anglet, impliquant une nouvelle séquestration menée par cinq individus. Ces derniers recherchaient présumément une personne ayant investi dans les cryptomonnaies et ont dérobé des bijoux de luxe, des ordinateurs et des téléphones. La brigade de recherche et d'intervention (BRI) a procédé à l'arrestation de suspects à la gare Montparnasse. Originaires du Nord, ces individus auraient commis une « erreur de cible », visant en réalité les occupants précédents des lieux, selon Philippe Chadrys.

Lundi, une femme et son fils de 11 ans ont été enlevés en Bourgogne dans le cadre d'une demande de rançon en cryptomonnaies. Grâce à la mobilisation d'une centaine de gendarmes, ils ont pu être libérés dès le mardi suivant, et sept hommes ont été placés en garde à vue. Début avril, le nouveau parquet de l'anticriminalité organisée (Pnaco), opérationnel depuis janvier, avait indiqué à l'AFP gérer treize affaires d'enlèvements liés aux cryptomonnaies.

L'affaire emblématique du cofondateur de Ledger

La série noire des enlèvements en France a été particulièrement mise en lumière en janvier 2025 avec le rapt du cofondateur de Ledger, David Balland, et de sa compagne. Cette startup est spécialisée dans les portefeuilles de cryptomonnaies. David Balland, dont le doigt avait été sectionné par les malfaiteurs, a été libéré suite à un assaut du GIGN. Sa compagne a été retrouvée ligotée dans un véhicule par les gendarmes. Six hommes et une femme ont été mis en examen immédiatement après les faits, tandis que le commanditaire présumé a été mis en examen et écroué en avril.

Cette multiplication d'actes violents démontre que l'essor des cryptomonnaies s'accompagne malheureusement d'une criminalité organisée de plus en plus audacieuse et violente sur le territoire français, nécessitant une vigilance accrue des autorités et des détenteurs d'actifs numériques.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale