Crash du Mirage F1 à Mont-de-Marsan : 20 ans après, les souvenirs restent vifs
Crash du Mirage F1 : 20 ans après, les souvenirs

En mai 2003, un avion militaire Mirage F1, armé en approche de la Base aérienne 118, s'est écrasé à 17 h 30 sur l'hippodrome de Mont-de-Marsan, à deux kilomètres au nord de la ville. Dix ans après, les Montois se souvenaient. Nous republions à cette occasion l'article paru le 10 mai 2013.

Des témoins encore marqués

« J'étais en train de mettre des bandages à un cheval, quand j'ai entendu le bruit de l'explosion », se souvient Didier Mautin, 61 ans, chargé de soins dans l'une des écuries. « Il y a eu tout de suite beaucoup de fumée. On s'est vite douté qu'il s'agissait de l'avion. On le voyait tourner au-dessus de l'hippodrome depuis quelques minutes », explique la cavalière Auréline, âgée de 18 ans à l'époque.

En plein vol, le moteur de l'avion s'était arrêté, en raison d'une surchauffe. Le pilote n'avait pas réussi à remettre en marche l'appareil. Avant de s'éjecter, il avait pu viser un secteur sans habitation. « J'ai vu le parachutiste tournoyer dans l'air puis atterrir un peu plus loin vers le lac. J'ai couru vers l'avion. Le réacteur avait cramé toute l'herbe », se rappelle le cavalier Pierre Moussel. « Ça sentait fort le kérosène, il y avait des munitions partout, et les deux bombes de l'avion s'étaient détachées. Heureusement, elles n'ont pas explosé », poursuit-il.

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Un cheval euthanasié

« Lorsque j'ai vu la fumée, je suis allé chercher un extincteur. C'est là que j'ai découvert ce qui s'était passé », confie Didier Mautin. Une des ailes s'était détachée pour s'encastrer dans le box 62. « Heureusement, l'aile avait d'abord percuté un chêne sinon elle aurait tout emporté. » Un pur-sang anglais, Toffee Apple, était coincé à l'intérieur. « J'ai voulu le dégager mais la gendarmerie nous a dit 'on ne touche à rien, c'est trop dangereux' ». La bête, gravement blessée, a finalement dû être euthanasiée.

Le 10 mai 2003, l'avion a une panne de moteur, laissant juste le temps au pilote de s'éjecter, avant le crash sur l'hippodrome de Mont-de-Marsan. Trois crashs d'avion ont marqué la région : outre celui de 2003, le 11 mai 2010, un Mirage 2000 s'est écrasé lors d'une mission d'entraînement sur la commune de Mazerolles, sans faire de mort. Le plus dramatique reste celui du 7 octobre 1976, où un Mirage IV s'était écrasé sur la caserne Maridor, tuant le pilote et le copilote.

Pas de risque zéro

« Ils nous le rappellent tous les jours qu'ils sont là », lâche Auréline, levant la tête au ciel. La base aérienne enregistre plus de 20 000 mouvements d'avion par an. « Le risque zéro n'existe pas, reconnaît le lieutenant-colonel Diamin, commandant en second de la base. Mais nous ne survolons pas la ville vers le sud. Ce n'est pas un hasard si les circuits de pistes, imposés aux appareils lors d'un décollage ou d'un atterrissage, se font au nord de la base aérienne. » Dans ce secteur, il n'y a que quelques habitations et l'hippodrome, à une centaine de mètres seulement.

L'Armée de l'air organise régulièrement des programmes de maintenance sur ses appareils pour prévenir le risque de problèmes mécaniques. « Les pilotes sont également confrontés à des pannes sur des simulateurs de vols », précise le lieutenant-colonel Diamin. Dix ans plus tard, l'accident de 2003 n'est pas oublié. « Les avions, on s'y est habitué, estime Didier Mautin. Mais quand ils volent d'un peu trop près, on repense à tout ça. »

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