Incendie de Crans-Montana : le maire auditionné sur les manquements de sécurité
Le maire de Crans-Montana, Nicolas Féraud, a été entendu lundi 13 avril 2026 par la justice valaisanne dans le cadre de l'enquête sur l'incendie du bar Le Constellation. Ce drame survenu lors de la nuit du nouvel an a causé la mort de 41 personnes et fait 115 blessés, principalement des adolescents et de jeunes adultes de diverses nationalités.
Le maire nie toute connaissance des manquements
Nicolas Féraud a fermement nié devant les magistrats avoir eu connaissance de l'absence de contrôles de sécurité et d'incendie dans l'établissement depuis 2019. Les contrôles annuels obligatoires n'ont pas été effectués pendant six ans, une situation que l'édile a reconnue publiquement au lendemain de la tragédie mais dont il affirme aujourd'hui avoir été ignorante jusqu'au 2 janvier 2026.
Le président de la commune fait partie des neuf personnes placées sous investigation pénale dans cette enquête qui vise à établir les responsabilités multiples de cette catastrophe. Il ne s'est pas exprimé devant la presse à l'issue de son audition de onze heures par le ministère public du canton du Valais.
La défense du maire et les frustrations des parties civiles
L'avocat de Nicolas Féraud, Me Christian Delaloye, a défendu son client en affirmant que ce serait "à l'instruction de déterminer la responsabilité" de l'absence de contrôles. Il a insisté sur le fait que le maire avait donné les moyens nécessaires à ses services pour assurer ces vérifications obligatoires : "À chaque fois que les chargés de sécurité ont demandé du personnel complémentaire, le conseil communal a octroyé les places de travail".
De leur côté, les avocats des parties civiles ont exprimé leur frustration face au manque d'explications claires. Me Alain Viscolo a déploré : "Je ne pense pas qu'il nous a convaincus [...] On n'a pas eu nos réponses à la question essentielle, à savoir pourquoi, pendant six ans, il n'y a pas eu de contrôle". Il a ajouté que la description du système de sécurité publique ressemblait à "une galaxie de personnes qui sont responsables, pour finir, de pas grand-chose".
Une enquête complexe aux multiples responsabilités
L'enquête pénale cherche à établir non seulement les responsabilités de la commune, mais également celles des propriétaires français du bar, Jacques et Jessica Moretti. L'incendie aurait été déclenché par des étincelles provenant de bougies "fontaine" qui ont enflammé une mousse insonorisante au plafond du sous-sol de l'établissement.
Me Romain Jordan, avocat des parties civiles, a estimé : "Je ne peux pas dire que je suis satisfait des réponses qui ont été données. En revanche, il y a véritablement cette réalité-là, c'est-à-dire qu'on touche d'un peu plus près la dynamique de négligences qui ont provoqué ce drame".
Une série d'auditions pour éclaircir les responsabilités
Le ministère public valaisan a entamé la semaine dernière une nouvelle vague d'auditions à Sion, faisant venir pour la première fois d'anciens et actuels responsables de la commune. Parmi les personnes entendues figuraient :
- Un ancien responsable de la station
- L'adjoint de l'ex-chef du service de sécurité
- Un membre actuel de l'équipe de sécurité publique
Un ex-conseiller communal doit également être auditionné mercredi, tandis que l'audition de Jacques Moretti, principal mis en cause, a été reportée sine die pour raisons médicales.
Les conséquences durables du drame
Selon le dernier décompte de l'Office fédéral de la protection civile, 38 patients sont toujours hospitalisés ou en centre de réadaptation, dont la moitié à l'étranger. Cette tragédie a provoqué une prise de conscience générale sur l'importance des contrôles de sécurité dans les établissements recevant du public, avec des vagues de vérifications renforcées dans de nombreuses régions européennes.
L'enquête se poursuit pour déterminer précisément l'enchaînement des négligences et des responsabilités qui ont conduit à cette catastrophe, tandis que les familles des victimes attendent toujours des réponses claires sur les circonstances ayant coûté la vie à leurs proches.



