Ce jeudi, le parquet antiterroriste a requis une peine de cinq ans de prison, dont un an avec sursis, à l'encontre d'Émilie Khiari, jugée depuis le 4 mai devant la cour d'assises spéciales de Paris. La trentenaère, âgée de 34 ans, est poursuivie pour association de malfaiteurs terroriste pour avoir rejoint la Syrie entre 2014 et 2016 afin de retrouver son mari, un djihadiste radicalisé.
Un parcours marqué par la radicalisation et la fuite
Issue de la filière djihadiste d'Albertville (Savoie), Émilie Khiari avait épousé religieusement son amour de jeunesse en 2013. Partie en Syrie en 2014, elle avait vécu sous le contrôle de l'État islamique jusqu'à la mort de son époux en 2016. Après cette perte, elle avait fui la zone djihadiste, subissant un viol par un passeur et une séquestration de quatre ans par un groupe rebelle, avant de rejoindre la Turquie en 2020.
Condamnée par défaut à vingt ans de réclusion criminelle en 2020, elle avait refusé de rentrer en France, craignant d'être incarcérée. Finalement rapatriée en 2023, elle a été rejugée pour les mêmes faits. Depuis sa sortie de détention provisoire en 2024, elle travaille et suit un suivi psychologique.
Une peine clémente requise par l'accusation
L'avocate générale a souligné un "parcours sans accroc" depuis le retour d'Émilie Khiari, notant une absence de radicalité et un ancrage idéologique superficiel. Elle a demandé que la peine ferme soit aménagée sous bracelet électronique, estimant qu'un retour en prison "la démobiliserait pour l'avenir". L'accusée a déjà effectué 26 mois de détention provisoire.
Selon l'accusation, Émilie Khiari n'a pas eu de rôle actif dans les combats, n'a pas intégré de katiba féminine, ni diffusé de propagande ou projeté d'attentat. Elle est la première Française rapatriée d'une zone de djihad à être rejugée après une condamnation par défaut. D'autres procès de "revenantes" sont attendus à l'automne.



