Cannes : un trio déjoué alors qu'il préparait un home-jacking dans une villa de luxe
Un Italien et deux Ukrainiens ont été interpellés par la police alors qu'ils préparaient méticuleusement un home-jacking dans une villa cannoise de grand standing. Les trois individus, âgés de 33 ans pour les Ukrainiens et de 75 ans pour l'Italien, ont comparu devant le tribunal judiciaire de Grasse, confrontés à des accusations graves.
Un manège suspect sur un parking
C'est le comportement étrange de ces trois hommes, observé le 12 avril dernier sur le parking Palm Beach à Cannes, qui a alerté un témoin vigilant. En train de manipuler des plaques d'immatriculation autour d'un véhicule, leur activité a immédiatement semblé suspecte. La police, prévenue sans délai, est intervenue rapidement pour les appréhener.
Lors de la perquisition du véhicule appartenant à l'Italien, les enquêteurs ont fait des découvertes troublantes :
- Des armes factices
- Des rouleaux de scotch, probablement destinés à bâillonner les victimes
Des aveux rapides mais des zones d'ombre
Dès leur première audition, les trois suspects ont passé aux aveux, reconnaissant avoir préparé « un sale coup mais qui aurait pu rapporter deux millions d'euros ». Leur projet criminel visait une villa luxueuse appartenant à un notable local, où résidaient des retraités âgés en situation de vulnérabilité.
Leur plan était précis :
- Pénétrer dans la villa
- Menacer les occupants avec leurs fausses armes
- Les bâillonner avec le ruban adhésif
- Les séquestrer jusqu'à ce qu'ils révèlent l'emplacement d'un magot supposé
Leur projet a cependant échoué à cause de la présence inattendue d'un homme plus jeune à l'intérieur de la propriété, alors qu'ils pensaient ne trouver que des personnes âgées.
Des explications peu crédibles
Rocco C., l'Italien de 75 ans très défavorablement connu par la justice de son pays pour ses liens avec une organisation criminelle, a fourni des explications sur la manière dont il avait repéré la villa. Selon ses déclarations, il aurait soit repéré des propriétés luxueuses sur Google Maps, soit obtenu des informations par l'intermédiaire d'ouvriers ayant travaillé dans la villa.
Ces versions n'ont pas convaincu la partie civile, qui a évoqué des « zones d'ombre dans ce dossier ». Le procureur de la République a même suggéré « qu'il pourrait y voir l'implication de proches dans la divulgation d'informations favorisant ce complot ».
Une santé fragile et un renvoi à l'instruction
Les avocats de la défense, Mes Katia Saffioti et Ludovic Loyer, ont souligné la santé fragile de leur client le plus âgé et le fait que les trois hommes étaient rapidement passés aux aveux. Malgré ces éléments, le tribunal a pris une décision significative.
Initialement prévu pour être jugé en comparution immédiate, le dossier a finalement été renvoyé à l'instruction pour une ouverture d'information judiciaire. Cette décision témoigne de la complexité de l'affaire et des nombreuses questions qui restent en suspens.
Un « saucissonnage » évité de justesse
Les images des vidéosurveillance aux alentours de la villa ont confirmé que les retraités ont échappé à ce que les enquêteurs qualifient de « saucissonnage en règle », une opération criminelle aux conséquences potentiellement gravissimes. L'intervention rapide de la police, alertée par un témoin attentif, a permis de déjouer ce projet criminel avant qu'il ne soit mis à exécution.
Les trois hommes sont poursuivis pour participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit puni de dix ans d'emprisonnement. Leur comparution devant le tribunal de Grasse marque le début d'une procédure judiciaire qui promet d'être longue et complexe, tant les éléments de cette affaire semblent entourés de mystère.



