Béziers : une mère relaxée après les accusations de violences de ses jumelles
Béziers : mère relaxée malgré les accusations de ses jumelles

Le tribunal correctionnel de Béziers a relaxé une femme poursuivie pour des violences habituelles sur ses filles jumelles, aujourd'hui âgées de 23 ans. Le ministère public avait requis huit mois de prison avec sursis, mais les juges ont estimé les preuves insuffisantes pour la période de prévention, comprise entre 2017 et 2018.

Des accusations anciennes et douloureuses

Les deux jeunes femmes, l'une gendarme et l'autre assistante sociale, avaient déposé plainte contre leur mère pour des violences par ascendant à Gabian, dans l'Hérault. Selon les victimes, les faits perduraient depuis leur cours préparatoire. L'élément déclencheur a été une altercation en novembre 2020, au cours de laquelle la mère aurait étranglé l'une de ses filles et l'aurait mise dehors sans solution de repli.

À l'audience, les deux sœurs sont restées soudées, évitant de regarder leur mère, qu'elles appelaient par son nom de famille. Elles ont expliqué avoir choisi leurs métiers en quête de sens, sans doute à cause de leur passé. « Nous voulions aider les gens, les écouter, prendre soin d'eux », ont-elles déclaré.

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Des versions radicalement opposées

La mère, de son côté, a nié en bloc les accusations. « Je n'ai jamais frappé mes filles. Je ne les ai jamais mises dehors. Ce sont des mensonges. C'est leur père qui les manipule », a-t-elle affirmé, insistant sur l'amour et l'harmonie qui régnaient au foyer. Les victimes ont précisé n'avoir aucun contact avec leur père depuis deux ans à cette époque.

Les magistrats ont eu du mal à obtenir des réponses claires de la mère, qui revenait sans cesse sur le père des filles, accusé de vouloir se venger. Les jumelles, exaspérées, levaient les yeux au ciel. « Je ne peux pas accepter ce qu'elles disent. J'ai toujours été là pour elles », a répété la mère.

La parole des victimes

Les jumelles ont pris la parole tour à tour. L'une d'elles, gendarme, a déclaré : « C'est une femme malheureuse qui a besoin de soins. Nous avons entendu beaucoup de mensonges et c'est notre parole contre la sienne. Je suis en colère car elle ne reconnaît rien. Je ne suis pas là pour la faire condamner, mais pour qu'elle change. » Sa sœur, plus fragile, a ajouté en larmes : « Je n'ai pas fait tout ça contre elle, mais pour nous. »

Leur avocate, Me Jessica Guy, a souligné la souffrance des jeunes femmes : « Une fois de plus, les dénégations de la mère les blessent. Elles n'attendaient pas grand-chose de ce procès. Si on l'écoute, la mère est leur victime. Elle est allée jusqu'à leur dire : 'Je vous ai donné la vie, je peux la reprendre.' C'est ça, leur vie. »

La relaxe prononcée

Le parquet avait requis huit mois de prison avec sursis et une interdiction de contact pendant trois ans. Mais l'avocate de la mère, Me Corinne Pivard, a plaidé la relaxe, arguant de l'absence de preuves pour la période de prévention. « J'aimerais qu'on m'apporte des éléments dans ce dossier, pas des on-dit, qui prouvent qu'elle a été violente. Tous les débats se sont tenus sur un contexte général et je n'ai rien pour la période de prévention », a-t-elle déclaré.

Le tribunal a suivi cet argument, prononçant la relaxe de la mère. Les deux sœurs repartent sans condamnation, mais avec la douleur de ne pas avoir été entendues.

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