Le braquage mortel survenu samedi matin à la boulangerie Epifurieu de Clermont-l'Hérault continue de faire l'objet d'investigations approfondies. Ce dimanche après-midi, les gendarmes ont procédé à une reconstitution de la scène, une « mise en situation » destinée à éclaircir les circonstances exactes du drame. Si la boulangerie a pu rouvrir ses portes dès le matin et assurer ses livraisons vers les hôpitaux et les Ehpad, le secteur a de nouveau été bouclé après la pause méridienne pour permettre la continuité des opérations judiciaires.
Un comportement atypique pour un braqueur
Selon les premiers éléments de l'enquête, le suspect, âgé d'une trentaine d'années, a fait irruption dans la boulangerie vers 9 heures, encagoulé et armé d'un pistolet à grenailles. Contrairement à un braqueur classique, il ne s'est pas intéressé à la caisse. D'après les témoignages du gérant et d'un vendeur, il a ordonné aux quatre salariés présents de sortir et d'alerter les forces de l'ordre. Puis il est resté seul dans le commerce pendant une dizaine de minutes, attendant visiblement l'arrivée des gendarmes.
Un échange de tirs fatal
À l'arrivée des militaires, le mis en cause est sorti de la boulangerie et a ouvert le feu avec son arme. Les gendarmes ont immédiatement répliqué, le blessant mortellement. Les tirs ont eu lieu sur la voie publique, sous les yeux de témoins médusés. Les gendarmes impliqués ont été entendus par l'inspection générale de la gendarmerie nationale, conformément à la procédure en cas d'usage d'armes à feu. Cependant, le procureur de la République de Montpellier, Thierry Lescouarc'h, a précisé qu'« aucune garde à vue dans le cadre de cette affaire » n'a été ordonnée.
La thèse du suicide by cop privilégiée
L'absence de garde à vue et le déroulement des faits accréditent la piste du « suicide by cop », ou suicide par police interposée. Ce phénomène, bien documenté, désigne la situation où un individu provoque délibérément les forces de l'ordre pour se faire tuer. Le comportement du braqueur, qui a attendu les gendarmes et a tiré sur eux, correspond à ce profil. L'enquête se poursuit pour confirmer cette hypothèse, notamment en analysant le passé psychologique du suspect et ses éventuelles intentions.
Le parquet de Montpellier a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes du drame. Les auditions des témoins et des proches du défunt se poursuivent. La boulangerie Epifurieu, très appréciée dans la commune, a rouvert ses portes, mais l'émotion reste vive parmi les habitants et les commerçants du secteur.



