Le rappeur Booba a été condamné ce mercredi 2 juin à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris pour injure raciale et cyberharcèlement à l'encontre d'une journaliste. Il devra également verser 5 000 euros de dommages et intérêts à la partie civile, ainsi que 1 500 euros pour les frais de justice.
Des faits remontant à 2019
Les faits reprochés à Booba, de son vrai nom Élie Yaffa, remontent à l'année 2019. La journaliste, qui avait enquêté sur ses activités, avait été la cible de messages insultants et menaçants de la part du rappeur sur les réseaux sociaux. Dans ses publications, Booba avait notamment employé des termes à connotation raciale, qualifiant la journaliste de "sale blanche" et l'invitant à retourner dans son pays.
Un préjudice moral et professionnel
Lors de l'audience, la plaignante a décrit un véritable calvaire, évoquant un préjudice moral et professionnel important. Elle a expliqué avoir reçu des centaines de messages de haine de la part des fans du rappeur, la poussant à se faire suivre par un psychologue et à mettre sa carrière entre parenthèses. Le tribunal a reconnu la gravité des faits, soulignant le caractère répété et public des insultes.
Une peine jugée trop clémente par certaines associations
Si la condamnation de Booba a été saluée par les associations de lutte contre le racisme et le cyberharcèlement, certaines ont estimé que la peine était trop clémente. "Cette décision envoie un signal positif, mais il est regrettable que le rappeur n'ait pas été condamné à une peine plus sévère, compte tenu de son influence et de la portée de ses actes", a déclaré le porte-parole d'une association de défense des droits des femmes.
Un appel possible
Booba, qui n'était pas présent au tribunal, a la possibilité de faire appel de cette décision dans un délai de dix jours. Son avocat n'a pas encore communiqué sur la suite de la procédure. Le rappeur, qui compte des millions d'abonnés sur les réseaux sociaux, a déjà été condamné par le passé pour des faits similaires.
Cette affaire met en lumière la question du cyberharcèlement et de la responsabilité des personnalités publiques dans l'usage des réseaux sociaux. Elle intervient dans un contexte où les autorités judiciaires multiplient les actions pour lutter contre les discours de haine en ligne.



