Après une nuit blanche et une profonde indignation, les familles bloquées à l'aéroport de Nice ont enfin pu prendre leur vol pour Constantine. Leur avion Air Algérie avait été annulé ce jeudi 7 mai 2026, les empêchant d'enterrer deux de leurs proches en Algérie. Ce vendredi après-midi, un nouvel appareil a décollé à 14h40, offrant une heure vingt de vol bien méritée après un véritable cauchemar.
Une nuit d'errance et d'humiliation
Dans la nuit, les passagers ont été expulsés de la zone d'embarquement par des CRS équipés de boucliers antiémeute, une scène décrite comme surréaliste et révoltante. Parmi eux se trouvaient des enfants en bas âge, des personnes âgées et des handicapés. Ils ont été redirigés vers des hôtels, mais non sans difficultés : certains établissements ont refusé de les accueillir faute de réservation confirmée par la compagnie. Plusieurs passagers ont dû payer leur chambre de leur poche, tandis que d'autres ont attendu des heures pour obtenir des bons d'hébergement. Une jeune femme, Melissa Fedjekhi, raconte : « Un monsieur octogénaire a dû dormir dans une salle de repos, sur un lit de camp sans couverture. »
Une organisation défaillante
Le lendemain matin, les passagers ont dû réserver des taxis à leurs frais pour retourner à l'aéroport, espérant un remboursement ultérieur. Fatima Bertot déplore : « Air Algérie n'a pas d'employés sur place, tout est délégué à Aviapartner, qui n'a même pas d'interprètes arabophones. »
L'angoisse d'arriver trop tard
Karima Fedjkhi, fille de l'un des défunts, redoutait un nouveau retard : « Nous n'aurons pas le temps de veiller nos morts. Il est de coutume que les proches venus de toute la France et d'Algérie partagent un grand repas avant l'enterrement, qui doit avoir lieu avant la dernière prière du soir. » Si l'avion est à l'heure, les familles atterriront vers 15h heure locale, puis devront rouler jusqu'à Ain M'lila, à quarante kilomètres de Constantine. Malgré ces épreuves, une passagère souffle : « On va pouvoir maintenir l'enterrement. On avait tellement peur de devoir le reporter. »



