Fiasco du bassin réfléchissant de Washington : Trump accuse sans preuve
Bassin réfléchissant : Trump accuse sans preuve

Pour célébrer le 250e anniversaire des États-Unis, Donald Trump a fait repeindre le fond de la célèbre reflecting pool de Washington en couleur "bleu drapeau américain". Un projet très controversé, notamment en raison de son coût. Initialement estimé à 1,8 million de dollars, le président a finalement déboursé 14 millions. Quelques jours à peine après la fin des travaux, le bassin était redevenu vert, envahi par les algues. Quant à la peinture, elle a pelé, et à la surface flottent ses débris bleus. Pour y remédier, le Miroir d'eau du Lincoln Memorial devra donc être à nouveau drainé et rénové, ce qui ajoutera quelques millions au compteur.

Un fiasco architectural assumé par Trump

Ce fiasco est difficile à assumer pour le président, qui n'en est pas à son premier scandale architectural. Mais le milliardaire l'assure : il n'y est pour rien, et blâme plutôt les "vandales". Il menace : "Rappelez-vous que la destruction ou même la tentative de destruction de ces choses est passible de dix ans de prison. Et ce sera totalement appliqué !" Malgré le fait que, pour l'heure, ces accusations soient restées sans preuves.

Depuis ce week-end, le président persiste et signe. "Ils ont utilisé une sorte de couteau ou de lame pour entailler de 250 pieds de long - 76 mètres, environ - la magnifique façade de cet ouvrage dont la construction et l’achèvement ont nécessité tant de travail, de savoir-faire et d’argent", a-t-il accusé pour la première fois, ce samedi 20 juin. Lundi matin, dans un message publié sur son réseau Truth social, Donald Trump est revenu à la charge, assurant cette fois que l'entaille était longue de 300 pieds. L'après-midi, installé dans le Bureau ovale, Donald Trump a réitéré face aux journalistes : "Qui aurait pu imaginer que quelqu’un puisse entrer dans un bassin, prendre un couteau et se mettre à le découper ?" Cette fois, l'entaille avait encore grandi de 50 pieds. Dans la journée, un employé de la Maison-Blanche a assuré que la police des parcs américains menait une enquête sur ces dégâts.

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Accusations sans preuves

Puis, dans la soirée, Donald Trump s'est esclaffé : "Je viens de l'inspecter, et je n'ai pu m'empêcher de me dire, ainsi qu'à ceux qui m'entouraient : WOW, qui ferait une chose pareille ? Des gens MALADES, DÉRANGÉS !" Pourtant, malgré toutes ces affirmations, ni le locataire de la Maison-Blanche, ni son entourage n'ont fourni la moindre preuve de l'existence de cette entaille, relève le Washington Post. Et si le milliardaire assure être en possession de "photos", aucune n'a pour l'heure été présentée à la presse. "Appelez le ministère de l’Intérieur", a-t-il interjeté à l'adresse des journalistes. Le Washington Post s'est prêté au jeu, sa demande est, pour l'instant, restée sans réponse. D'autres photographies aériennes fournies au journal américain affichent une longue fente au milieu de la piscine. Une entaille présente depuis des années, assure le titre. Un responsable de la Maison-Blanche a précisé qu’il ne s’agissait pas de la "déchirure" à laquelle le président faisait référence.

Les algues et les arrestations

Et les algues alors ? Donald Trump pointe du doigt les vandales, assurant que quelqu'un aurait versé de l'engrais dans l'eau ou favorisé la prolifération des algues par d'autres moyens. Ici encore, le président n'a apporté aucune preuve à ces accusations. Toutefois, le locataire de la Maison-Blanche a assuré que "de nombreuses autres personnes ont été arrêtées en lien avec le vandalisme honteux de notre magnifique bassin réfléchissant". D'après Emma Nicholson, journaliste à CBSNews, cinq personnes ont été arrêtées, dont David Carter Hearn, un ancien athlète olympique en canoë-kayak. Le sexagénaire dément fermement les accusations et assure qu'il a été interpellé après avoir touché un morceau de peinture flottant à la surface du bassin. Et il ne serait pas le seul. "Plusieurs personnes qui ont touché la piscine ou ramassé des éclats de peinture écaillée ces derniers jours ont été arrêtées ou placées en garde à vue par des agents de la police du parc, qui les ont accusées d'avoir délibérément endommagé des biens publics", indique le Washington Post.

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Un responsable de l'administration a déclaré à Emma Nicholson que, jusqu'à lundi soir, cinq personnes avaient été arrêtées pour vandalisme du bassin réfléchissant et cinq autres avaient reçu des contraventions fédérales. Au total, 14 procès-verbaux ont été dressés. L'un d'entre eux concernerait une fissure de 250 pieds dans le bassin. Depuis lundi, des membres de la Garde nationale et des agents de la police du parc patrouillaient la zone.