Un caprice à 16,4 millions de dollars qui tourne au désastre. À l'occasion du 250e anniversaire de l'indépendance des États-Unis, Donald Trump a ordonné la rénovation du bassin réfléchissant du Lincoln Memorial, long de plus de 650 mètres et situé entre la statue d'Abraham Lincoln et le Washington Monument. Cette lubie présidentielle, qui s'ajoute à la construction d'une salle de bal à la Maison Blanche et à un projet d'arc de triomphe, devait redorer le monument grâce à une peinture bleue « couleur drapeau américain ».
Des algues et une peinture qui s'écaille
Lancé fin avril, le chantier devait coûter moins de deux millions de dollars et garantir une tenue de « quarante ou cinquante ans ». Selon le New York Times, la facture finale atteint 16,4 millions de dollars pour six semaines de travaux. Mais le résultat escompté n'a duré que quelques jours : l'eau a viré au vert, envahie par les algues, tandis que la peinture fraîche s'écaille. L'administration Trump évoque un « processus normal de remise en service », mais des dizaines d'employés ont été mobilisés pour nettoyer le bassin à l'épuisette et au peroxyde d'hydrogène, un produit corrosif.
Obama pointé du doigt
Donald Trump a accusé Barack Obama d'avoir mal rénové le bassin en 2012 pour 34 millions de dollars, période où des algues étaient déjà apparues. « Barack Hussein Obama, vous avez déjà entendu parler de lui ? » a-t-il lancé aux journalistes. Les experts attribuent plutôt la prolifération des algues à la chaleur et au soleil, et le décollement de la peinture au peroxyde d'hydrogène utilisé pour le nettoyage.
La faute aux « extrémistes de gauche »
Refusant de reconnaître un échec, Trump a confié le projet sans appel d'offres à un pisciniste de son club de golf. Sur Truth Social, il a dénoncé un « vandalisme » perpétré par des « extrémistes de gauche » armés de couteaux et de produits chimiques. Il a accusé Jonathan Karl, journaliste d'ABC, d'avoir tenté d'arracher le revêtement en caoutchouc. David Hearn, ancien athlète olympique de canoë, a été interpellé alors qu'il se trouvait à proximité à vélo. Il conteste les accusations, affirmant au Washington Post avoir simplement touché une partie de la peinture déjà décollée. Cinq personnes ont été interpellées et cinq autres ont reçu des contraventions pour vandalisme, selon la police des parcs nationaux.
Menaces et promesses de réparation
Trump a menacé sur Truth Social : « Rappelez-vous que la destruction ou même la tentative de destruction de ces choses est passible de dix ans de prison – Et ce sera totalement appliqué ! » Il a promis que le bassin « retrouvera bientôt sa santé » et sera remis en ordre avant la fête nationale du 4 juillet. L'eau devra être vidée pour réparer « deux très petites zones », a-t-il déclaré à des journalistes à la Maison Blanche.



