Une adolescente de 13 ans, découverte en 2024 dans un appartement de Port-Leucate (Aude), a livré un témoignage glaçant aux enquêteurs. « Il me traitait comme un jouet », a-t-elle confié en mars 2026. Retenue captive pendant des mois par Guy C., elle était privée de sortie, n'ayant pour seule occupation qu'une tablette numérique. Les gendarmes de la section de recherche de Montpellier, en charge de l'enquête, tentent de reconstituer le parcours de cette enfant et d'autres victimes présumées d'un vaste trafic d'enfants entre l'Asie et la France.
Des preuves accablantes
Des analyses toxicologiques ont révélé la présence de cocaïne, de cannabis et de médicaments soporifiques dans les cheveux de la fillette, à des niveaux qui excluent une simple contamination externe, selon les experts. Les enquêteurs soupçonnent une soumission chimique, bien que l'enfant n'ait pas pu confirmer d'abus sexuels. Elle a toutefois décrit des gestes déplacés de la part de son geôlier : baisers forcés, douches intrusives, nuits partagées. Il lui achetait des jupes, des robes et des bas jarretelles.
Un réseau international
Deux hommes, Guy C. et Jérémy M., ont reconnu la paternité de plusieurs enfants nés en Thaïlande et aux Philippines. Certains ont été amenés en Europe, d'autres sont restés en Asie. Une deuxième fillette, ramenée en France par Jérémy M. puis renvoyée en Thaïlande, serait dans un état « particulièrement inquiétant ». Selon des sources judiciaires, elle a dénoncé des viols commis par un oncle, et laisse entendre qu'elle a été abusée par son père et un ami de celui-ci durant sa petite enfance. Prise en charge par une communauté religieuse, elle a fait plusieurs tentatives de suicide à 14 ans et a été hospitalisée en psychiatrie. Malgré une interdiction de contact, son père tenterait de la joindre par téléphone.
Un projet d'enlèvement déjoué
Une troisième enfant, âgée de six ans et reconnue par Jérémy M., a été localisée en Allemagne sous un nom d'emprunt. Sa mère, une Philippine, l'aurait enlevée à la garde de son père lors d'un séjour en Europe pour la confier aux services sociaux allemands. L'enquête a également mis au jour des échanges entre Guy C. et Jérémy M. évoquant un projet d'enlèvement de la fillette à la sortie de son école maternelle, en utilisant un traceur Airtag pour suivre la famille d'accueil. Ce projet n'a pas été exécuté, mais il illustre la dangerosité des deux hommes.



