Affaire Grégory : la grand-tante de l'enfant conteste sa mise en examen
Dans un nouveau rebondissement de l'affaire Grégory, Jacqueline Jacob, la grand-tante du petit Grégory Villemin, a officiellement demandé l'annulation de sa mise en examen. Soupçonnée d'être l'un des « corbeaux » ayant menacé la famille et revendiqué le meurtre il y a plus de quarante ans, elle a déposé deux requêtes auprès de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon.
Les arguments de la défense pour une annulation
Selon ses avocats, maîtres Stéphane Giuranna et Alexandre Bouthier, la mise en examen de Jacqueline Jacob pour « association de malfaiteurs criminelle » en octobre 2025 devrait être annulée en raison de la prescription de l'action publique. Ils soutiennent que les faits reprochés relèveraient d'un délit et non d'un crime, ce qui rendrait la procédure caduque.
La défense affirme que cette mise en examen « ne pèse pas bien lourd » et « ne vaut pas tripette », annonçant un recours sur la forme et sur le fond. La date de l'audience n'est pas encore fixée, mais les avocats espèrent un examen rapide de leurs requêtes.
Le contexte de l'affaire et les soupçons
Jacqueline Jacob, âgée de 81 ans, est la grand-tante de Grégory Villemin, retrouvé noyé pieds et mains liés dans la Vologne le 16 octobre 1984. Elle est suspectée d'avoir écrit certaines des lettres du « corbeau », dont celle revendiquant le meurtre, selon des analyses d'écriture menées par les enquêteurs.
Lors de son audition en octobre dernier, elle a catégoriquement nié les faits : « Je n'ai jamais écrit de lettre. Je n'ai jamais téléphoné. Jamais à personne », a-t-elle déclaré devant la cour d'appel de Dijon. Interrogée sur les expertises graphologiques, elle a ajouté : « Sur l'expertise, je n'ai rien à dire de particulier. Je n'ai jamais écrit. Je ne comprends pas. L'expert se trompe. »
Un précédent judiciaire et des critiques
Cette mise en examen n'est pas la première pour Jacqueline Jacob. En 2017, elle avait été mise en examen pour « enlèvement et séquestration suivie de mort », incarcérée pendant quatre jours, avant que cette mesure ne soit annulée en mai 2018 pour vice de forme.
Ses avocats dénoncent une répétition des erreurs judiciaires, avec maître Alexandre Bouthier regrettant que « la justice n'apprenne pas de ses erreurs ». Le parquet général de Dijon, sollicité par l'AFP, n'a pas répondu immédiatement aux demandes de commentaires.
L'affaire Grégory, vieille de plus de quarante ans, continue de susciter l'attention et les interrogations, avec cette nouvelle étape juridique qui pourrait influencer la suite des investigations.



