Affaire Epstein: des Français "choqués et indignés" de figurer dans les documents sans aucun lien
La liste des personnalités citées dans l'affaire Epstein ne cesse de s'allonger depuis la déclassification de plus de trois millions de documents par le ministère américain de la Justice le 30 janvier dernier. Si des noms comme le prince Andrew, Donald Trump ou Bill Clinton étaient attendus, d'autres personnalités françaises se retrouvent associées au scandale de pédocriminalité sans avoir jamais eu le moindre contact avec Jeffrey Epstein.
Un journaliste et une ex-Miss France pris dans la tourmente
Boris Manenti, journaliste au Nouvel Obs, fait partie de ces personnes surprises de voir leur nom apparaître dans les "Epstein Files". Sa présence s'explique par un simple transfert par email: Jeffrey Epstein avait trouvé "intéressant" un article du journaliste datant de 2011 sur la CIA et les réseaux sociaux, et l'avait envoyé à un correspondant anonymisé. "C'est déstabilisant", a reconnu le rédacteur, précisant qu'il n'avait aucun lien avec le milliardaire américain.
Flora Coquerel, élue Miss France 2014, a quant à elle été explicitement mentionnée dans un courriel envoyé à Epstein le 6 mars 2015. Dans ce message, un certain Daniel Siad présentait la jeune femme alors âgée de 20 ans comme "une de mes nouvelles modèles que j'aimerais t'envoyer à New York". L'ancienne Miss France a immédiatement réagi en publiant un communiqué officiel sur ses réseaux sociaux.
"Je suis profondément choquée et indignée de voir mon nom circuler et être associé, de près ou de loin, à une affaire relevant de faits criminels à caractère sexuel", a-t-elle écrit. "Je n'ai jamais eu le moindre contact, la moindre rencontre ni la moindre relation avec Jeffrey Epstein, pas davantage qu'avec une personne dénommée Siad, que je ne connais pas."
Des lieux français également mentionnés
L'embarras ne se limite pas aux personnalités. Des lieux en France ont également été répertoriés dans les documents déclassifiés. Dans les Hauts-de-Seine, une boulangerie parisienne a fait l'objet d'un échange entre un émetteur anonymisé et Epstein, vantant "le meilleur pain" de la capitale. Le gérant contacté par Actu Paris a exprimé son malaise: "Cela ne me plaît pas beaucoup d'être associé à ce criminel."
Plus au sud, la ville de Poitiers apparaît à trois reprises dans les millions de fichiers. La municipalité a toutefois précisé qu'aucune de ces mentions n'avait de rapport avec la ville elle-même. Il s'agissait d'un document administratif mentionnant la douane de Poitiers, d'une brochure ferroviaire de 2008 et d'une citation historique issue d'un article universitaire.
Des réactions politiques et institutionnelles
Le monde politique français n'est pas épargné. Louis Aliot, alors numéro deux du Rassemblement national, aurait rencontré Steve Bannon à Londres en 2018, ce dernier demandant ensuite à Epstein des financements pour le parti. Bruno Le Maire, quant à lui, aurait été accueilli à New York par le milliardaire en 2013 pour des raisons professionnelles.
L'entourage de l'ancien ministre a déploré cette association, précisant qu'il n'avait "rencontré fortuitement et brièvement" Epstein "qu'une seule fois" et n'avait "jamais entretenu aucune forme de relation" avec lui. Ce lundi 9 février, Emmanuel Macron, depuis le salon "Wine Paris", a appelé à ce que "la vérité" autour de l'affaire Epstein soit "élucidée", insistant pour que "la justice américaine fasse son travail".
Ces multiples mentions de Français et de lieux français dans les documents Epstein, souvent sans aucun lien direct avec le scandale, illustrent l'ampleur des ramifications de cette affaire et les conséquences collatérales pour des personnes et institutions totalement étrangères aux faits reprochés.