Plus de sept ans après les faits, l'enquête sur l'agression d'Angelina, une jeune femme de 19 ans passée à tabac en marge d'une manifestation des Gilets Jaunes à Marseille le 8 décembre 2018, connaît une avancée majeure. Un deuxième policier a été mis en examen pour violences aggravées, soupçonné d'avoir fracturé le crâne de la victime avec sa matraque alors qu'elle était à terre. L'information, confirmée par le parquet de Marseille vendredi 24 avril 2026, a été révélée par Mediapart.
Un fonctionnaire des renseignements territoriaux mis en cause
Le principal suspect, identifié comme Laurent A., est actuellement affecté aux renseignements territoriaux. Il a été mis en examen dans la nuit de jeudi à vendredi pour « violences ayant entraîné une ITT supérieure à 8 jours » avec trois circonstances aggravantes : par une personne dépositaire de l'autorité publique, en réunion et avec arme. Le parquet avait requis son placement en détention, mais le juge des libertés et de la détention (JLD) a opté pour un contrôle judiciaire strict, assorti d'une interdiction d'exercer une activité professionnelle de police sur la voie publique.
Selon Mediapart, la perquisition au domicile de Laurent A. a permis de retrouver le t-shirt qu'il portait le jour des faits, ainsi qu'une somme de plus de 9 700 euros en petites coupures. Ces éléments pourraient constituer des preuves supplémentaires dans le dossier.
Un précédent mis en examen dans le Var
Ce n'est pas la première fois qu'un policier est poursuivi dans cette affaire. En décembre 2025, Vincent R., ancien membre de la Bac Nord muté à Toulon (Var), avait été mis en examen. Devant l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), il avait reconnu avoir donné deux coups de pied à Angelina. L'affaire avait suscité une vive émotion après la diffusion de photos de la jeune femme à l'hôpital, le crâne rasé et marqué de deux profondes cicatrices.
La satisfaction de l'avocat de la victime
Me Brice Grazzini, avocat d'Angelina, a exprimé sa satisfaction auprès de l'AFP : « Je suis satisfait qu'après huit années d'un combat acharné, les individus ayant participé à ce passage à tabac soient enfin identifiés et mis en examen. » Il a toutefois tenu à rappeler la présomption d'innocence : « Je ne remets pas en cause leur présomption d'innocence, je constate simplement que le travail spectaculaire de la juge d'instruction et du procureur de la République a permis de briser cette omerta, qui est quand même hallucinante lorsqu'elle vise à couvrir des agissements gravissimes de policiers. »
L'enquête se poursuit pour déterminer les responsabilités exactes de chacun des fonctionnaires impliqués dans cette agression, qui avait choqué l'opinion publique et relancé le débat sur les violences policières en France.



