Accident mortel près de Nice : un jeune conducteur condamné à 4 ans de prison
Accident mortel près de Nice : 4 ans de prison pour le conducteur

Le tribunal correctionnel de Nice a condamné mardi 23 juin 2026 un jeune conducteur de 19 ans à quatre ans d'emprisonnement, dont trois ans assortis d'un sursis probatoire, pour avoir causé la mort de son meilleur ami et grièvement blessé un autre passager dans un accident de la route à Contes, en mars 2025. La partie ferme de la peine sera aménagée sous forme de détention à domicile avec bracelet électronique. Son permis de conduire a été annulé et il devra attendre cinq ans avant de pouvoir le repasser.

Les faits : une nuit de fête mortelle

Dans la nuit du samedi 1er mars 2025, Mathéo, alors âgé de 19 ans et titulaire du permis de conduire depuis seulement quatre mois, a passé la soirée avec deux amis : Lucas et Logan. Après avoir consommé de l'alcool et du cannabis au Mont-Boron puis à Villefranche-sur-Mer, Mathéo a pris le volant d'une Ford Ka prêtée par son père. Vers 4 h 30 du matin, sur la route des Platanes à Contes, le véhicule roulait à 94 km/h dans une zone limitée à 50 km/h. Dans un virage, le conducteur a perdu le contrôle. La voiture a percuté deux platanes, traversé la chaussée et terminé sa course contre un mur. La violence du choc a arraché le moteur, projeté à plus de seize mètres.

À l'arrivée des gendarmes, le conducteur était allongé sur la chaussée. Logan, grièvement blessé, avait été éjecté et se tenait adossé à un mur. Lucas, coincé dans l'habitacle côté passager, était en arrêt cardio-respiratoire. Transporté à l'hôpital, il a été plongé dans un coma artificiel. Après vingt jours d'espoir, sa famille a accepté de le débrancher.

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Alcool et cannabis : un taux d'alcool estimé à 1,40 g/l

Les analyses ont révélé que Mathéo présentait un taux d'alcool de 0,93 gramme par litre de sang après l'accident, les expertises estimant son taux à près de 1,40 g/l au moment des faits, soit près de trois fois la limite légale. Il était également positif au cannabis. À la barre, le prévenu a reconnu : « Je suis arrivé trop vite dans le virage et j'ai perdu le contrôle. » Il a depuis cessé toute consommation de stupéfiants, travaille comme cuisinier en CDI et suit un accompagnement psychologique.

Un drame aux conséquences irréversibles

Lors de l'audience, la mère de Lucas a déclaré : « On m'a enlevé la seule chose qui me faisait vivre : mon fils unique. » L'avocat des parties civiles, Me Jordan Haddad, a dénoncé « l'illusion d'une génération qui pense que rien ne peut lui arriver », soulignant que derrière l'homicide involontaire se cachent des choix conscients. Le procureur Ludovic Manteufel a requis trois ans ferme, rappelant que « le seul responsable, c'est celui qui tient le volant ». Il a également évoqué la récente évolution législative sur l'homicide routier, affirmant qu'« aujourd'hui, avec tout ce que l'on lit et ce que l'on voit, vous ne pouvez plus dire que cela n'arrive qu'aux autres ».

La défense plaide le gâchis

Me Paul Sollacaro, avocat de la défense, n'a pas cherché à minimiser les faits : « Il est l'unique responsable, il le sait et il l'assume. Ce dossier n'est que gâchis. À 19 ans, sa vie est déjà ruinée. La peine, il l'exécute déjà chaque jour avec la perte de son ami d'enfance et les blessures d'un autre ami sur la conscience. »

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