Delphine Pinto a été fixée sur son sort dans la nuit de vendredi à samedi. La cour d’assises spéciale de l’Oise l’a condamnée à 30 ans de réclusion criminelle. Elle a été reconnue coupable d’avoir provoqué le meurtre en bande organisée de son mari, Jean-Christophe Piel, en 2021. Une affaire lourde, qui mêle commanditaire et exécution sur fond de plan prémédité.
Les peines des complices
Jugé à ses côtés, Yassine Zekri a été déclaré coupable d’avoir tué M. Piel sur commande. Il a également écopé de 30 ans de réclusion criminelle, mais avec une peine de sûreté des deux tiers. Les délibérations ont duré près de cinq heures, mais la salle d’audience était toujours comble à l’heure du verdict, tombé peu avant minuit. Jeudi, l’avocat général avait requis la perpétuité pour Mme Pinto et M. Zekri, avec une peine de sûreté de 22 ans pour chacun. « Je n’ai rien à voir avec le décès de Jean-Christophe », avait répété d’une toute petite voix Delphine Pinto dans ses dernières déclarations vendredi avant que la cour ne se retire pour délibérer, peu avant 19H00.
Une femme décrite comme menaçante et manipulatrice
Cette femme de 48 ans, décrite comme menaçante et manipulatrice par beaucoup de témoins au procès, avait toutefois reconnu mercredi avoir pu « souhaiter » la mort de son mari, avec qui elle était en instance de divorce, et le faire savoir à son amant. Yassine Zekri avait lui aussi déclaré n’avoir « rien à voir » avec la mort de Jean-Christophe Piel. Trois autres personnes étaient jugées à leurs côtés depuis le 29 mai.
Un amant de Mme Pinto a été condamné à 16 ans de réclusion criminelle - deux ans de moins que les réquisitions - pour avoir sciemment facilité le meurtre, et un autre homme, reconnu coupable d’avoir fourni l’arme du crime et en état de récidive légale, a pris 10 ans, soit quatre ans de moins que la demande de l’avocat général. Poursuivi pour avoir été mis dans la confidence du plan meurtrier, le fils de Mme Pinto, né d’une précédente union, a quant à lui été acquitté, alors que l’avocat général avait requis quatre ans ferme à son encontre.
De lourdes accusations contre le défunt mari
Une semaine avant son meurtre, Jean-Christophe Piel avait bénéficié d’une ordonnance de non-lieu par rapport à de lourdes accusations, portées contre lui par sa femme, de violences envers elle et d’agression sexuelle sur l’une de leurs deux petites filles. Ce kinésithérapeute de 41 ans était également accusé d’agressions sexuelles par deux des trois autres enfants de Mme Pinto, tous nés d’une précédente relation mais qu’il avait adoptés. Sa mort avait entraîné l’extinction des poursuites dans ce dossier. Selon le parquet, la procédure n’avait alors pas permis d’établir « des charges suffisantes ».



