Il y a 40 ans, un Jaguar s'écrasait sur une voiture près de Bordeaux
Le 26 avril 1982, sur la route départementale 106 reliant Bordeaux au Cap-Ferret, non loin de la base aérienne de Bordeaux-Mérignac, un avion militaire Jaguar, qui tentait de se poser peu après son décollage, s'est écrasé sur la route, percutant une voiture. La conductrice, Danièle Guillebot, 34 ans, employée dans un laboratoire bordelais, est décédée sur le coup. L'avion a explosé à quelques mètres d'un dépôt de poudre d'une fabrique de cartouches.
Les faits
Selon les sources officielles, l'accident s'est produit à 16 h 35. Le Jaguar, un avion de combat monoplace biréacteur d'un poids de 14 tonnes en vol, venait de décoller de la piste mixte de Bordeaux-Mérignac, utilisée par les avions civils et militaires. Le pilote, l'aspirant Wurtz, de la 3e escadre de Nancy, s'est trouvé en difficulté. Les causes de cette difficulté restent inconnues : feu à bord, panne simultanée des deux réacteurs par défaut d'alimentation en carburant, ou panne des circuits hydrauliques rendant l'appareil ingouvernable. Le pilote a décidé de faire demi-tour pour tenter de reposer son appareil, mais il a dû actionner son siège éjectable avant d'avoir pu ramener le Jaguar en position d'atterrissage.
La chute de l'appareil
Propulsé au-dessus de la forêt de pins proche de l'aéroport, le pilote a vu son parachute s'ouvrir tandis que le Jaguar, lourd de métal et de kérosène, filait vers le sol, précisément vers la route du Cap-Ferret, à deux ou trois kilomètres de l'aéroport. L'appareil a décapité une antenne de télévision et passé sous les fils téléphoniques sans les toucher. À quelques mètres de là, Mme Guillebot, rentrant chez elle, a freiné désespérément, mais il était trop tard : le Jaguar a percuté sa Peugeot 304. La voiture, quasiment broyée, a pris feu instantanément, tandis que le Jaguar explosait sur la route, la queue glissant sur des dizaines de mètres et la carlingue avec les deux réacteurs s'écrasant trente mètres plus loin dans les fourrés. Les témoins ont décrit « le fracas d'une bombe ».
Les secours
Quelques minutes plus tard, une centaine de voitures stationnaient sur les bas-côtés de cette route très fréquentée, reliant Bordeaux à la côte nord du bassin d'Arcachon. Les premiers sauveteurs étaient les pompiers du service de sécurité de la base 106, suivis par ceux de la Communauté urbaine, deux unités de la D.F.C.I., six ambulances du service médical, et une trentaine de gendarmes. Un cordon de gendarmerie a été établi, et les autorités civiles, dont le directeur de la Protection civile, ont entamé leur enquête en liaison avec les experts militaires. Le pilote, blessé lors de sa descente en parachute, a été hospitalisé à l'hôpital militaire Robert-Picqué. Au Las, la belle-mère de la victime attendait, effondrée, le retour de son fils et de sa petite-fille de 12 ans, qui venait de perdre sa mère.



