Violences sexuelles : 134 personnes en détention provisoire après réexamen de 70 000 plaintes
134 détenus provisoires après réexamen de 70 000 plaintes

Le ministère de la Justice a annoncé mercredi que 134 personnes ont été placées en détention provisoire à la suite du réexamen de 70 000 plaintes pour violences sexuelles sur mineurs. Cette opération d'envergure, lancée en 2021, visait à identifier des affaires non résolues ou classées sans suite. Selon le ministère, 1 200 enquêtes ont été rouvertes et 450 gardes à vue ont été réalisées.

Un réexamen systématique des plaintes

L'initiative, menée par les parquets et les services d'enquête, a consisté à passer au crible les plaintes enregistrées entre 2017 et 2021. Les critères de sélection incluaient les faits de viols, agressions sexuelles et atteintes sexuelles sur mineurs. Le ministère précise que 70 000 plaintes ont été examinées, dont 10 % ont donné lieu à des investigations complémentaires.

Parmi les 134 placements en détention provisoire, certains concernent des récidivistes présumés ou des affaires où des preuves nouvelles ont été découvertes. Le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, a salué « un travail de fourmi remarquable » et a souligné que « chaque plainte compte et mérite une attention particulière ».

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Des chiffres en hausse

Cette opération s'inscrit dans un contexte de hausse des signalements de violences sexuelles sur mineurs. En 2022, la police et la gendarmerie ont enregistré 16 800 victimes de viols ou tentatives de viols sur mineurs, soit une augmentation de 11 % par rapport à 2021. Les associations de protection de l'enfance appellent à renforcer les moyens d'enquête et d'accompagnement des victimes.

Le ministère de la Justice indique que 70 % des affaires réexaminées concernent des viols, 20 % des agressions sexuelles et 10 % des atteintes sexuelles. Les auteurs présumés sont majoritairement des proches ou des membres de la famille, dans 60 % des cas.

Des critiques sur la lenteur

Malgré ces résultats, des voix s'élèvent pour dénoncer la lenteur du traitement judiciaire. Selon une enquête de l'Observatoire des violences sexuelles, le délai moyen entre le dépôt de plainte et le jugement est de 3 à 5 ans pour les affaires de violences sexuelles sur mineurs. L'association « Les Papillons » a estimé que « ces 134 placements en détention provisoire sont une goutte d'eau dans un océan d'impunité ».

Le ministère se défend en rappelant que cette opération a permis de « remettre sur le métier des dossiers complexes et parfois anciens ». Il promet de poursuivre le réexamen des plaintes et d'améliorer la coordination entre les parquets et les services d'enquête.

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