Dans un entretien au Monde, Romain Delès, sociologue spécialiste des questions de genre, affirme que pour faire reculer le sexisme bienveillant, il est nécessaire de modifier la place des hommes au sein de la famille. Selon lui, les stéréotypes de genre persistent notamment à travers des comportements apparemment anodins mais qui renforcent les inégalités.
Les racines du sexisme bienveillant
Le sexisme bienveillant se manifeste par des attitudes qui, sous couvert de protection ou de galanterie, maintiennent les femmes dans une position subordonnée. Romain Delès souligne que ces comportements sont souvent intériorisés dès l'enfance et reproduits au sein du foyer. Par exemple, le fait que les hommes soient moins impliqués dans les tâches domestiques ou parentales contribue à perpétuer l'idée que la sphère familiale est avant tout féminine.
L'importance de l'engagement paternel
Pour le sociologue, un levier essentiel est l'engagement accru des pères dans l'éducation des enfants et les responsabilités familiales. Cela permettrait non seulement de réduire la charge mentale des femmes, mais aussi de déconstruire les stéréotypes qui associent la masculinité à l'absence de soin. Delès cite des études montrant que lorsque les pères prennent un congé parental, les inégalités de genre diminuent à long terme.
Des politiques publiques nécessaires
Romain Delès appelle à des mesures concrètes, comme l'allongement du congé paternité et la création de structures d'accueil pour la petite enfance. Il insiste sur le rôle des pouvoirs publics pour encourager une répartition plus équitable des tâches. Sans ces changements structurels, le sexisme bienveillant risque de perdurer, même si les mentalités évoluent.
En conclusion, le sociologue estime que la lutte contre le sexisme passe par une transformation profonde des rôles familiaux. Il s'agit de faire des hommes des acteurs à part entière de l'égalité, dès le plus jeune âge de leurs enfants.



