Repas à 1 euro : Baptiste annonce 20 millions d'euros supplémentaires pour les Crous
Philippe Baptiste, ministre de l'enseignement supérieur, s'est rendu jeudi 12 février 2025 sur le campus de l'université Sorbonne-Paris Nord à Villetaneuse, en Seine-Saint-Denis. Il y a rencontré une dizaine d'agents du Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) de Créteil, venus exprimer leurs préoccupations concernant la généralisation du repas à 1 euro pour tous les étudiants, prévue pour le mois de mai.
Des inquiétudes palpables sur le terrain
Lors de cette visite, les personnels du Crous ont fait part de leurs craintes au ministre. « On est tous dans le même bateau ! », a lancé Philippe Baptiste pour rassurer les équipes. Un responsable des approvisionnements lui a confié : « Vous êtes là, ça nous rassure de voir qu'on n'est pas tout seuls ».
La responsable de la cafétéria a quant à elle précisé la situation locale : « Ici, 70 % des étudiants mangent déjà pour 1 euro. C'est l'université où il y a le plus de fréquentation à ce tarif. Les 30 % supplémentaires, ce sont des étudiants qui ramènent un repas de chez eux, et ces 30 %, on sait qu'on va les récupérer dans notre restaurant. On a peur de ne pas y arriver ».
Une enveloppe budgétaire renforcée
Pour répondre à ces inquiétudes, le ministre a annoncé le déblocage de 20 millions d'euros supplémentaires. Cette somme est destinée à « accompagner » les restaurants universitaires dans la mise en œuvre de la généralisation du repas à 1 euro. Elle permettra notamment de financer le recrutement de nouveaux agents pour faire face à l'augmentation attendue de la fréquentation.
Ces 20 millions viennent s'ajouter aux 30 millions d'euros déjà prévus dans le budget 2026 pour compenser le manque à gagner des Crous. Jusqu'à présent, les étudiants non-boursiers payaient 3,30 euros par repas, une différence que l'État doit maintenant absorber intégralement.
Une mesure sociale d'envergure
La généralisation du repas à 1 euro pour tous les étudiants représente une mesure sociale majeure du gouvernement. Elle vise à soulager le budget des jeunes en formation, particulièrement touchés par la précarité. Cependant, sa mise en œuvre concrète soulève des défis logistiques et financiers pour les Crous, qui gèrent la restauration universitaire sur l'ensemble du territoire.
La visite de Philippe Baptiste à Villetaneuse illustre la volonté du ministère de prendre en compte les réalités du terrain. Les 50 millions d'euros au total (30 millions déjà budgétés plus 20 millions supplémentaires) devraient permettre aux Crous de renforcer leurs capacités d'accueil et d'adaptation avant le déploiement national de la mesure en mai 2025.