Une rentrée scolaire contrastée en région Occitanie
Alors que les élèves ont repris le chemin des établissements scolaires dans l'académie de Montpellier, cette rentrée se déroule sous le signe de la sérénité retrouvée mais aussi de préoccupations persistantes pour la communauté éducative. De Nîmes à Montpellier en passant par Lunel, les acteurs du système scolaire font part de leurs impressions sur cette reprise qui s'étalera jusqu'à lundi dans les lycées.
Les inquiétudes des enseignants face aux réformes
Jérôme Amicel, professeur de lettres au lycée Philippe-Lamour de Nîmes et secrétaire départemental du Gard du syndicat Snes-FSU, exprime ses premières réserves. "Nous avons appris lors de la réunion avec le chef d'établissement que chaque lycée allait créer son propre protocole de contrôle continu pour les classes de première et terminale", déplore-t-il. "Cette approche risque de conduire à un baccalauréat local sans véritable valeur nationale. La situation devient paradoxale lorsqu'on sait que si un élève ne passe pas suffisamment d'évaluations dans une matière au cours de l'année, il pourra être contraint de passer une épreuve terminale."
Le professeur souligne également les effectifs pléthoriques : "On compte entre 34 et 36 élèves par classe en lycée selon les sections, et plus de 30 élèves en moyenne dans les collèges." Concernant le protocole sanitaire, il note que l'arrêté préfectoral impose le port du masque dans la cour jusqu'au 15 septembre, avec l'espoir d'un allègement ultérieur.
La satisfaction des élèves malgré les contraintes
Du côté des élèves, Léo-Paul, en classe de CM2 à l'école Pottier-Sibelius de Montpellier, se montre enthousiaste. "Tout s'est très bien passé. Je suis ravi de retrouver tous mes amis dans ma classe", confie-t-il. "J'ai la chance d'avoir une enseignante que je connais déjà et qui m'encadrait parfois à l'étude l'année dernière."
L'élève décrit une rentrée bien organisée : "Nous avons fait les présentations, défini les règles de vie et attribué les différentes responsabilités de la semaine. Nous avons même commencé quelques cours." Concernant le masque, Léo-Paul bénéficie d'un certificat médical lui permettant de porter une visière qu'il peut retirer pendant les récréations. L'école a mis en place des zones distinctes dans la cour pour chaque classe afin de limiter les brassages.
Les préoccupations pédagogiques des enseignants
Anaïs Reboul, professeur d'anglais au lycée Victor-Hugo de Lunel dans l'Hérault, partage ses interrogations. "Nous n'avons pas de date précise pour les épreuves du baccalauréat des enseignements de spécialité. On nous parle simplement du 'printemps' sans plus de précision", explique-t-elle.
La professeure s'inquiète particulièrement des modalités du contrôle continu : "Nous sommes surpris d'apprendre que ces modalités doivent être établies avec le proviseur et l'inspecteur référent. Il serait préférable que l'institution s'en charge directement pour garantir l'équité entre tous les établissements. Cette situation risque d'exacerber la compétition entre les lycées pour l'obtention de notes favorables dans le cadre de Parcoursup."
Comme son collègue nîmois, elle déplore les effectifs importants : "Nous nous retrouvons avec 36 élèves par classe et 30 en enseignement de spécialité. C'est vraiment beaucoup pour assurer un suivi individualisé de qualité."
La vision institutionnelle de la rectrice
Sophie Béjean, rectrice de l'académie de Montpellier et de la région Occitanie, a effectué plusieurs visites dans des établissements de Montpellier et Nîmes. Pour elle, l'essentiel réside dans "la possibilité pour les élèves de bénéficier d'une rentrée en présentiel dans un environnement sécurisé que nous devons maintenir grâce à la vaccination."
La rectrice se montre optimiste : "J'ai observé une rentrée sereine, avec des enfants et des adolescents manifestement heureux de retrouver leurs camarades." Concernant les interrogations sur le contrôle continu du baccalauréat, elle précise : "J'ai échangé avec les syndicats mercredi dernier. Nous allons disposer prochainement d'un guide de l'inspection nationale pour que chaque établissement puisse définir son projet tout en respectant un cadrage national."
Une situation conflictuelle à Saussan
Cette rentrée n'a pas été sans tensions partout. À Saussan, les parents d'élèves de l'école maternelle La Marelle se sont fortement mobilisés contre l'arrivée d'une nouvelle enseignante. S'appuyant sur des témoignages remontant à dix ans et concernant plusieurs établissements, ils évoquent des "comportements violents" ou inappropriés et des "maltraitances psychologiques" attribués à cette professionnelle.
Près d'une centaine de parents ont manifesté devant l'établissement jeudi, tandis que les représentants du rectorat et l'enseignante concernée se trouvaient à l'intérieur. Seuls six enfants sur les quatre-vingt-quinze répartis dans quatre classes ont été scolarisés, les autres étant gardés par leurs parents dans le cadre d'une opération "école vide" soutenue par le maire Joël Vera.
Face à cette situation, le rectorat a décidé de maintenir l'enseignante contestée en l'accompagnant dans son travail par une collègue et en proposant une rencontre avec les parents. Ces derniers affirment leur détermination à poursuivre leur action jusqu'au départ de la professionnelle.



