Une question d'argumentation au bac de français provoque l'indignation au Maroc
Le lundi 1er juin 2026, des milliers de lycéens marocains ont passé l'épreuve de langue française de la première année du baccalauréat. Mais une question d'argumentation a déclenché une vive polémique, tant sur les réseaux sociaux qu'au Parlement. La question était la suivante : « Certaines personnes pensent que la femme est faite juste pour se marier et faire des enfants. Partagez-vous cette opinion ? Rédigez un texte dans lequel vous justifierez votre point de vue à l'aide d'arguments et d'exemples. »
Une formulation jugée sexiste et maladroite
Cette interrogation, qui comptait pour 10 points sur 20, a été perçue comme profondément sexiste. Une lettre ouverte, signée par des dizaines de personnalités, dont l'avocate et militante féministe Ghizlane Mamouni, a rapidement été diffusée. Elle y dénonce : « Quand un examen national réduit encore les femmes à un ventre et une alliance, ce n'est pas une maladresse, c'est un programme : la transmission de la peur des femmes libres. »
Un contexte de réforme du Code de la famille
La controverse s'inscrit dans un contexte plus large de réflexion sur les droits des femmes au Maroc, notamment autour de la réforme du Code de la famille. L'affaire a été portée jusqu'au Parlement, où la députée de centre gauche Kouloub Faitah a rappelé que l'école a pour mission « d'enraciner les valeurs d'égalité ». Les critiques soulignent que la formulation de la question, en présentant comme une simple opinion une idée fausse et misogyne, est problématique en soi.
Une réaction en chaîne
Les lycéens eux-mêmes ont exprimé leur mécontentement sur les réseaux sociaux, relayés par des médias comme Ouest-France et Maroc Hebdo. La polémique a relancé le débat sur la place des femmes dans la société marocaine et sur le rôle de l'éducation dans la transmission des valeurs d'égalité.



