À Nîmes, la tauromachie s'invite dans les quartiers pour éduquer les enfants
Nîmes : la tauromachie pour éduquer les enfants des quartiers

La tauromachie s'invite au cœur des quartiers populaires de Nîmes. Grâce aux Aficionados practicos, enfants et familles découvrent chevaux, capes et traditions locales, entre pédagogie, curiosité et transmission culturelle. "Je peux le toucher", demande timidement un petit garçon, devant Alto, le massif cheval comtois auquel Mathias vient d'enfiler le caparaçon. Picador notamment aux côtés d'El Rafi, ce jour-là, c'est au milieu des bâtiments du Nemausus, loin du patio de caballo des arènes qu'il habille son cheval dans le cadre des journées organisées par les Aficionados practicos pour faire découvrir la tauromachie aux enfants des quartiers populaires.

Un attirail en kevlar

"L'attirail est très encombrant, mais très léger, il est fait en kevlar comme les gilets pare-balles des policiers", enchaîne le picador devant des enfants intrigués et brûlants d'envie de monter sur le cheval. Temps fort de l'après-midi, les enfants peuvent monter Alto, le cheval de picador. Créée en 1989 par Hervé Galtier, l'association des Aficionados practicos a été créée au départ pour "faire découvrir la tauromachie de l'intérieur aux passionnés". Elle a peu à peu évolué pour former les jeunes apprentis toreros comme Clemente, faire connaître la tauromachie au grand public lors d'événements festifs et elle a développé un important volet social, "avec des rencontres dans les quartiers prioritaires pour les personnes qui ne connaissent pas les cultures taurines, espagnoles et camarguaises".

"Nous ne sommes pas là pour qu'ils aiment mais pour qu'ils comprennent"

Depuis 15 ans, soutenus par les collectivités, l'État et les bailleurs sociaux, l'association participe à la politique de la ville en intervenant au Clos d'Orville, route d'Arles, route de Beaucaire, au Chemin-bas d'Avignon, à Valdegour-Pissevin, au Mas de Mingue ou à Gambetta. "On emmène aussi les enfants au campo, dans la manade François André à Maussane pour qu'ils découvrent concrètement les métiers de l'élevage", précise Hervé Galtier. Dans une ville où les cultures taurines font partie de l'identité locale, ce partage est un moyen d'intégration. "Nous ne sommes pas là pour qu'ils aiment mais pour qu'ils comprennent, c'est une ouverture. Certains enfants n'ont jamais vu les arènes de Nîmes", confie Hervé Galtier.

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Des ateliers variés

Pendant tout l'après-midi, les ateliers s'enchaînent. Après la présentation du picador, certains écoutent des lectures avec le comédien Philippe Béranger, qui, avec humour, leur explique ce qu'est le taureau de combat. À l'ombre des micocouliers, le père Teissier présente le costume de lumières et ses broderies scintillantes. Avec Roger et les deux Alain, les enfants prennent la cape pour toréer de salon. Au départ, les "olés" sont timides, peu à peu, les enfants entrent dans la danse et enchaînent joyeusement les passes, prennent même les cornes… La journée s'achève avec Nathalie pour des ateliers de dessin.

Un plébiscite des acteurs sociaux

Tous les acteurs sociaux plébiscitent cette action. "Cela fait partie du patrimoine local, il y a une vraie curiosité des enfants et des adultes", se félicite Naïma Benali, correspondante de quartier pour la politique de la ville. "Les enfants comprennent ce qu'est leur ville, c'est une autre façon de la découvrir, c'est primordial", poursuit Carole Benedetti, de la maison de quartier. "C'est un moment privilégié, selon Yasmine Fontaine, déléguée du préfet pour les quartiers prioritaires. Au-delà de la pédagogie, c'est important de partager des moments forts qui marquent l'histoire de Nîmes".

Un air de feria dans les quartiers

Tandis qu'Hervé Galtier, ancien prof passionné par la transmission, guide les enfants et les familles, un curieux paysage festif se dessine au milieu des immeubles. Un petit air de feria, sous le soleil… Pour les enfants, tout est séduisant et dépaysant, le cheval, les cornes, les mots en espagnol. "Ma fille est née ici, elle n'a jamais vu un cheval de sa vie, confie une maman. On découvre totalement ces traditions". "C'est intéressant de savoir comment ça se déroule et le montrer aux enfants", enchaîne une autre maman, récemment arrivée de Franche-Comté où elle avait l'habitude de voir des chevaux de trait de race comtoise… mais sans caparaçon dans les prés !

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