Parents et élus mobilisés contre la suppression d'une classe en école REP à Sainte-Foy-la-Grande
Mobilisation contre la fermeture d'une classe en école prioritaire

Une mobilisation pour défendre l'école prioritaire

Une forte mobilisation a rassemblé parents d'élèves et élus locaux ce lundi 30 mars à la sortie des classes de l'école élémentaire Paul-Bert, située à Sainte-Foy-la-Grande. Leur objectif était clair : protester avec vigueur contre l'annonce de la suppression imminente d'une classe au sein de cet établissement scolaire. Cette décision administrative suscite une vive inquiétude, car l'école est classée en Réseau d'Éducation Prioritaire (REP), un statut qui devrait normalement garantir une attention et des moyens renforcés.

Une situation sociale particulièrement fragile

Le directeur de l'école, Romain Couairon, a exposé avec précision la réalité du terrain. « Notre école, classée en REP, dotée de dispositifs Ulis et UPE2A, accueille un public dont l'indice de position sociale (IPS) figure parmi les plus faibles », a-t-il souligné. Cet indice, qui mesure le contexte socio-économique des familles, est le plus bas de la circonscription (71,6) et l'avant-dernier à l'échelle du département. Une précision alarmante a été ajoutée : cet IPS serait encore plus faible si les déclarations des parents concernant leur emploi étaient plus précises.

Romain Couairon insiste sur le paradoxe de la situation : « Notre structure concentre des fragilités qui devraient, en toute logique, appeler à une vigilance accrue, sinon à une protection prioritaire. Dès lors, une question s'impose avec gravité : est-il juste, est-il cohérent, de faire peser de telles réductions de moyens sur les écoles qui portent déjà les charges sociales et éducatives les plus lourdes ? ». Cette interrogation résume le sentiment d'injustice qui anime la protestation.

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Des conséquences concrètes sur les conditions d'apprentissage

La suppression de cette classe entraînerait une réorganisation complète des effectifs, avec 121 élèves à répartir. Concrètement, avec quatre classes dédoublées théoriquement plafonnées à 12 élèves, les trois classes restantes du cycle 3 (CM1-CM2) atteindraient une moyenne de 24,3 élèves chacune. Une telle densification des effectifs compromettrait sérieusement la qualité du suivi pédagogique individualisé, pourtant essentiel dans un contexte REP.

De plus, cette réorganisation rendrait plus difficile l'accueil d'élèves arrivant en cours d'année, un phénomène fréquent dans cet établissement. Ces nouveaux arrivants présentent souvent des profils scolaires complexes nécessitant une attention particulière, ce qui serait encore plus ardu avec des classes surchargées.

Une décision contestée sur des bases chiffrées

Philippe Nouvel, premier adjoint de la mairie de Sainte-Foy-la-Grande, déplore amèrement cette décision. « Une fermeture qu'élus, parents et enseignants remettent en cause sur des arguments réels », affirme-t-il. Il pointe notamment une incohérence dans les projections de l'Éducation nationale : une hausse des inscriptions de 14 élèves est prévue pour la rentrée 2026, alors que les calculs pour justifier la fermeture se basent sur les chiffres de 2025.

« La fermeture impliquerait que les classes de cycle 3 seraient à plus de 24 élèves en moyenne, ce qui serait en contradiction flagrante pour une école classée en REP », martèle l'élu. Il rappelle le principe fondamental en jeu : « Les élèves de cette école requièrent une attention toute particulière pour que l'égalité des chances, pilier de notre République, soit respectée ». La mobilisation se poursuit donc, portée par la conviction que cette suppression de classe aggraverait les inégalités dans un territoire déjà fragilisé.

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