Une grève nationale des enseignants prévue ce mardi 31 mars
À l'appel d'une large intersyndicale, les enseignants du secteur de l'Éducation nationale seront en grève ce mardi 31 mars. Ce mouvement s'inscrit dans une semaine d'actions visant à dénoncer une politique qui, selon les syndicats, affaiblit continuellement l'école publique. Les organisations impliquées incluent Sud Solidaires Éducation, CFDT Éducation formation, FSU, Unsa Éducation et la CGT Educ'Action.
Des revendications centrées sur les moyens et les conditions de travail
Dans un communiqué commun, les syndicats affirment que les choix gouvernementaux ne font que dégrader un service public d'éducation déjà exsangue. Ils réclament notamment des créations de postes, une revalorisation salariale sans contrepartie et de vraies améliorations des conditions de travail. Ces demandes font face aux enjeux sociétaux de démographie et de moyens alloués au ministère.
Les effets de la politique actuelle sont déjà visibles, selon les organisations. Dans le second degré, cela se traduit par des classes plus chargées, une réduction de l'offre de formation et des vies scolaires asphyxiées faute de ressources. Dans le premier degré, avec l'ouverture des cartes scolaires prévue la semaine prochaine après les élections municipales, les syndicats anticipent des milliers de fermetures de classes.
Des mobilisations spécifiques à Nice et Toulon
À Nice, les enseignants se sont donné rendez-vous à 10h30 devant le rectorat. À Toulon, le rassemblement aura lieu devant la DSDEN. Ces actions locales s'ajoutent à plusieurs mobilisations qui ont déjà eu lieu à travers la France depuis la mi-février. Par exemple, le 17 février, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Paris, avec environ 6,16% d'enseignants en grève en Île-de-France. À Bordeaux, une centaine de professeurs, rejoints par des parents d'élèves, se sont mobilisés devant le rectorat le 11 mars.
Contexte démographique et justifications gouvernementales
En janvier, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, avait évoqué une chute démographique vertigineuse pour justifier les suppressions de classe. Selon la Direction des études statistiques du ministère, les effectifs des élèves ont diminué de 1,7% à la rentrée 2025, avec 106.900 élèves de moins qu'en 2024. Cette baisse contribue aux décisions de restructuration qui alimentent le mécontentement des enseignants.
Les parents d'enfants scolarisés pourraient devoir revoir leurs plans de garde en raison de cette grève. Les syndicats espèrent que cette mobilisation attirera l'attention sur les défis auxquels fait face l'école publique et poussera à des changements politiques.



