Le maire d'Agde s'oppose aux fermetures de classes et réclame l'accès à l'éducation prioritaire
Dans le cadre de sa dernière intervention à l'Assemblée nationale en tant que député de la septième circonscription de l'Hérault, le maire d'Agde Aurélien Lopez-Liguori a directement interpellé le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray. Cette intervention, survenue mardi 14 avril, intervient dans un contexte local particulièrement tendu, marqué par l'annonce de la fermeture imminente de trois classes dans les écoles de la ville.
Trois établissements scolaires impactés par des suppressions de postes
Les écoles du Littoral, Victor Hugo et Marie-Curie seront directement affectées par ces fermetures à la rentrée prochaine. Le premier édile agathois a vivement critiqué cette décision, soulignant le paradoxe entre la baisse démographique nationale et les opportunités qu'elle pourrait offrir pour améliorer les conditions d'enseignement.
"L'Hérault vit une crise démographique comme dans toute la France, avec une baisse de la natalité", a contextualisé Aurélien Lopez-Liguori. "Cela pourrait être une opportunité pour des classes moins chargées, plus de suivi, relever le niveau scolaire. Mais vous faites la chose inverse : fermer des classes, supprimer des postes", a-t-il déploré avec fermeté.
Une exclusion persistante du réseau d'éducation prioritaire
Le maire a également pointé du doigt l'absence de classification de la ville d'Agde en zone d'éducation prioritaire, malgré des demandes répétées des syndicats enseignants depuis de nombreuses années. Il a rappelé des chiffres particulièrement préoccupants : dans le quartier prioritaire de la ville, 46% des familles vivent sous le seuil de pauvreté.
"Cette ville coche toutes les cases pour être classée en zone prioritaire et pourtant, rien ne change : les élèves décrochent, les enseignants s'épuisent, l'État reste spectateur", a-t-il affirmé avec conviction. "Confirmez-vous votre refus de créer d'autres zones d'éducation prioritaire ?"
Une réponse ministérielle jugée insatisfaisante
Le ministre Édouard Geffray a reconnu que la dernière révision de la carte de l'éducation prioritaire remontait à 2014 et qu'elle était désormais obsolète. Cependant, il a indiqué qu'il engageait seulement un travail technique pour préparer le terrain à son successeur, laissant entendre qu'aucune décision concrète ne serait prise avant l'élection présidentielle de 2027, sauf remaniement gouvernemental.
"Je ne peux pas faire plus dans le délai qui est le mien", a déclaré le ministre, confirmant ainsi que le classement en REP+ des écoles du centre-ville d'Agde devra encore patienter. Cette réponse a été perçue comme une déception par les représentants locaux, qui espéraient une action plus immédiate face aux difficultés éducatives et sociales de leur territoire.
L'intervention du maire d'Agde met ainsi en lumière les tensions persistantes entre les collectivités territoriales et l'administration centrale sur les questions éducatives, particulièrement dans les zones connaissant des difficultés socio-économiques importantes.



