Au lycée professionnel Jean-Vigo de Millau, l'année scolaire 2025-2026 restera gravée dans les mémoires. Grâce au programme Erasmus +, quarante élèves de CAP et de bac professionnel ont vécu une immersion unique à l'étranger, transformant leur regard sur leur métier et leur avenir.
Un tour d'Europe en accéléré
Dès septembre, les premiers départs ont eu lieu. Quatre élèves se sont envolés pour Dublin, d'autres pour l'Espagne. En octobre, Manon, Lorenzo, Théo et Clément ont rejoint le Portugal. En février, quatre élèves de terminale restauration ont découvert la Sicile, au lycée hôtelier de Caccamo. Ces séjours ont laissé des souvenirs « indélébiles » et une envie farouche d'explorer.
Jamukh, 19 ans, en bac pro cuisine, a vécu trois mobilités : une en groupe, puis l'Irlande et l'Espagne en totale autonomie. « J'aime bien voyager, et je voulais voir comment ça se passait dans d'autres pays, surtout en cuisine », confie-t-il. Après des appréhensions liées à la langue, il s'est adapté rapidement, travaillant dans un restaurant à Dublin référencé au guide Michelin, puis dans un hôtel quatre étoiles en Espagne. « On était là pour bosser mais c'est agréable d'évoluer dans des univers différents », ajoute-t-il, rêvant désormais de partir en Chine.
Des retours gagnants en maturité
Pauline Salerno, enseignante référente pour l'action européenne et internationale, observe des changements profonds : « Nos élèves reviennent plus matures, plus autonomes. Ils osent. Certains, qui n'avaient jamais pensé partir, envisagent des études ou un travail à l'étranger. C'est inestimable pour leur CV ou Parcoursup. »
Jo, camarade de Jamukh, a effectué trois mobilités. « C'était trop bien. Au début, on se dit que c'est l'inconnu, mais on est super excités », raconte-t-il. Il retient des différences dans l'exercice du métier : « En France, on assure deux services par jour, alors qu'en Irlande, il y a beaucoup de roulements. » Lui aussi conseille à tous les élèves de saisir cette opportunité, malgré la peur initiale.
Une sélection exigeante et des places limitées
Cette année, grâce au soutien de l'Agence Erasmus + France, 40 élèves ont pu partir. Mais les places sont chères. « Nous avons dû refuser certains élèves, reconnaît Pauline Salerno. Une mobilité Erasmus n'est ni un acquis ni un dû. Elle se mérite. » Les critères de sélection incluent résultats scolaires, comportement, autonomie et capacité d'adaptation.
L'avenir s'annonce plus sélectif : « Nous avons reçu une subvention exceptionnelle cette année, mais nous devrions être moins bien dotés l'année prochaine. Nos élèves seront moins nombreux à en profiter », précise l'enseignante. Le programme Erasmus +, doté de plus de 28 milliards d'euros sur 7 ans au niveau européen, dont 2,2 milliards pour l'agence française, reste un levier majeur pour l'ouverture internationale des lycées professionnels.



