L'avenir de l'école élémentaire René-Goscinny, située dans le quartier Bocca Nord à Cannes, suscite de vives inquiétudes chez les parents d'élèves. Depuis plusieurs années, une baisse continue des effectifs est constatée, tandis qu'un projet de réorganisation, prévu pour la rentrée 2027, alimente les craintes. Une rencontre avec la municipalité est fixée au vendredi 12 juin 2026 pour tenter d'apaiser les tensions.
Une baisse des effectifs qui interroge
Selon l'Association des parents d'élèves (APE), l'établissement aurait perdu jusqu'à 61 élèves en cinq ans, alors que d'autres écoles de Cannes connaîtraient une progression. Karenne Barcelo, membre de l'APE, souligne que cette tendance n'est pas récente : « Ça fait au minimum cinq ans. » Elle pointe du doigt le processus d'inscription : « On voit passer des enfants devant l'école pour aller ailleurs. Et quand les parents font des demandes pour qu'ils soient inscrits sur notre école, on leur dit qu'il n'y a pas de place. »
Un projet de regroupement contesté
Le 5 juin 2026, lors d'une réunion avec les enseignants, la mairie a annoncé un projet de regroupement des écoles maternelle et élémentaire René-Goscinny en un seul établissement à partir de la rentrée 2027. Parallèlement, la municipalité envisage d'installer un établissement privé hors contrat dans une partie des locaux actuellement occupés par la maternelle, avec une ouverture potentielle en septembre 2027. La mairie justifie cette décision par la baisse de la natalité, affirmant qu'il serait « absurde d'éparpiller les moyens et de laisser des locaux sous-occupés ». Si le projet privé n'aboutit pas, les locaux pourraient être transformés en logements.
Les parents redoutent un démantèlement du service public
Pour les parents, cette logique menace directement l'enseignement public. Karenne Barcelo déclare : « Ouvrez une école privée, allez-y… Mais par contre, ne prenez pas les locaux réservés à l'enseignement public en détruisant complètement une école. » L'APE s'inquiète également des conséquences sur les conditions d'enseignement, notamment pour les élèves de la classe Ulis et les enfants en situation de handicap. « Nous avons des enfants qui ont de gros problèmes avec la langue. Être mélangés comme ça, soit on va mettre les enfants en difficulté et on va les perdre totalement, soit on va prendre les enfants bons et on va les empêcher de progresser », alerte Karenne Barcelo.
Une situation préoccupante dans les locaux
Selon l'APE, l'école élémentaire compterait 7 à 8 classes vides, tandis que la maternelle en compterait 4 à 5. Cette sous-occupation des locaux renforce l'inquiétude des parents quant à un possible démantèlement progressif du groupe scolaire.
Une réunion pour tenter de dissiper les doutes
Une réunion est prévue le vendredi 12 juin à la mairie entre les représentants des parents et la municipalité. En amont, une manifestation est organisée à partir de 17h30 devant l'hôtel de ville. La mairie affirme que cette rencontre s'inscrit dans « une démarche de dialogue, de transparence et d'explication » face aux interrogations des familles. Les parents espèrent obtenir des clarifications et des garanties sur l'avenir de l'école René-Goscinny, alors que la crainte de voir l'établissement s'effacer du paysage scolaire de La Bocca grandit.



