Alès : La lutte acharnée de l'école Claire-Lacombe pour maintenir ses classes
Alès : L'école Claire-Lacombe en lutte pour ses classes

Alès : La lutte acharnée de l'école Claire-Lacombe pour maintenir ses classes

Ce lundi de rentrée scolaire à Alès était chargé d'émotions et de tensions. Laetitia Ferrero, directrice de l'école Claire-Lacombe, et Christophe Rivenq, maire de la ville, faisaient face à une situation critique qui préoccupe enseignants et parents d'élèves depuis plusieurs mois.

Une situation scolaire sous pression

Depuis le 11 mars, le corps enseignant de l'école élémentaire Claire-Lacombe, rejoint par les parents d'élèves, mène une lutte déterminée pour obtenir le maintien d'une classe. La fermeture d'une classe a entraîné des effectifs de 29 élèves par professeur, une situation jugée intenable par les éducateurs.

La visite impromptue du maire Christophe Rivenq a marqué une attention particulière portée à cette crise, mais c'est la visite d'une inspectrice deux heures plus tard qui s'avère décisive. Son comptage des enfants déterminera la qualité d'éducation pour l'année à venir.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

L'indice de position sociale au cœur des décisions

Les chiffres récoltés motiveront la décision de Christophe Mauny, directeur des services départementaux de l'Éducation nationale (DSDEN) du Gard. Cette décision de réouverture ou de fermeture sera prise en fonction de l'indice de position sociale (IPS), une grille de lecture déterminant la situation sociale des élèves face aux apprentissages qui ne fait pas l'unanimité.

"Ici, beaucoup d'enfants ont des parents exerçant une profession libérale ce qui signifierait que ce serait plus facile pour nous", relate une maîtresse de maternelle. "Mais nous avons une classe de 29 élèves avec un enfant avec des troubles du déficit de l'attention, avec un accompagnant et un autre lourdement handicapé. Dans une autre classe se trouvent un enfant déficient visuel et un autre élève ayant des troubles du comportement mais sans accompagnant."

Des conditions d'enseignement dénoncées comme maltraitantes

L'enseignante poursuit avec émotion : "Il y a une forme de maltraitance à nous faire enseigner dans ces conditions. Comme si nous étions seulement là pour changer des couches et moucher des nez..."

Ce matin-là, l'école Claire-Lacombe comptait 119 élèves pour 4 classes, soit 29 élèves au minimum, alors que le système IPS demande 120 élèves pour déclencher la réouverture de la cinquième classe. Par un heureux hasard, deux enfants non inscrits ont poussé la porte de l'école ce jour-là, modifiant légèrement les comptes.

Une population scolaire en constante évolution

Les effectifs évoluent au fil de l'année, comme le précise une maîtresse : "L'an dernier, nous avons accueilli neuf nouveaux élèves. Et puis il y a aussi des enfants de la communauté des gens du voyage. Ainsi que le foyer Saint-Joseph, tout proche, qui a la particularité d'accueillir des fratries et qui, pour des raisons pratiques, viennent ici."

Alors que les élèves s'installent dans leur classe, des parents jettent un dernier regard inquiet à leurs enfants. Charlotte et Alexandre Hillorion déplorent : "Dans ces années-là, quand on constate les progrès qu'ils font en un an, c'est inquiétant de savoir que les conditions d'apprentissage ne sont pas bonnes ! Et sur la question de la réouverture, il a vraiment fallu pousser fort pour être entendu."

La mobilisation citoyenne face à l'administration

La mobilisation a été importante : de multiples courriers ont été adressés au maire et au DSDEN, et une pétition a recueilli 480 signatures. Malgré ces efforts, la décision finale repose sur des critères administratifs qui semblent parfois éloignés des réalités du terrain.

Les enseignants de Claire-Lacombe doivent assurer l'apprentissage des lettres de l'alphabet, l'initiation à l'écriture, le développement des valeurs d'altruisme, tout en gérant des situations complexes avec certains enfants au comportement rendu difficile par une mauvaise application des règles de l'éducation positive.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Le goût de la transmission malgré les difficultés

Malgré ces conditions difficiles, demeure le goût profond de la transmission et de la pédagogie. "Il faut savoir qu'à cet âge-là, ils travaillent pour nous faire plaisir", conclut la maîtresse. "Et c'est impressionnant ce que l'on peut faire avec eux. Mais il faut des moyens et du temps..."

La décision de Christophe Mauny, DSDEN du Gard, attendue ce mardi à 14 heures, déterminera si l'école Claire-Lacombe pourra retrouver sa cinquième classe ou si elle devra continuer à fonctionner avec des effectifs surchargés, mettant à l'épreuve la qualité de l'enseignement et le bien-être des enfants comme des enseignants.