Ce mercredi 24 juin 2026 marque le coup d’envoi des soldes d’été, qui se poursuivront jusqu’au 21 juillet. Une période traditionnellement très attendue par les amateurs de shopping, mais les jeunes sont-ils toujours au rendez-vous ? Entre achats coup de cœur, seconde main et commandes en ligne, leur rapport aux vêtements a profondément évolué.
Des jeunes qui n'attendent plus les soldes
Léa Bastide, 20 ans, étudiante en licence LLCER espagnol à l’université Paul-Valéry de Montpellier, déclare : « J’attends rarement les soldes pour acheter une pièce. » Comme elle, Elsa, 24 ans et infirmière à Montpellier, préfère acheter quand elle en a l’envie ou le besoin. Louis-Dorian, 23 ans, policier à Béziers, affirme acheter selon ses besoins et ses envies, même s’il est plus enclin à passer à l’achat lorsqu’une promotion se présente.
À l’inverse, Mathilde Donat, 20 ans, étudiante en CPGE Lettres au lycée Joffre de Montpellier, réserve les achats de vêtements neufs aux pièces qu’elle recherche spécifiquement et attend les soldes pour les acquérir à moindre coût. « Mon portefeuille d’étudiante m’en remercie », confie-t-elle à Midi Libre.
Un budget shopping modeste
Le budget shopping des jeunes reste modeste. Michel Fize, sociologue retraité du CNRS, explique : « Les jeunes d’aujourd’hui consomment à budget constant ou bien voient leur budget diminuer. En effet, la plupart ne travaillent pas et vivent avec l’argent de poche fourni par leurs parents. » Léa estime dépenser environ 60 euros par mois, Elsa entre 50 et 100 euros, Louis-Dorian 85 euros, et Mathilde une cinquantaine d’euros mensuels au maximum.
La montée des achats en ligne
Face à l’augmentation du prix de l’essence, Léa, qui habite Saint-Drézéry à une trentaine de minutes en voiture du centre-ville de Montpellier, préfère acheter directement en ligne pour éviter de se déplacer. Elsa commande régulièrement en ligne lorsque les prix sont plus attractifs. Louis-Dorian privilégie les magasins pour les vêtements nécessitant des essayages mais commande en ligne ses équipements sportifs.
Une méfiance envers les soldes
Michel Fize note une modification des pratiques : « Il y a une trentaine d’années, les soldes caractérisaient un temps fort du commerce mais, aujourd’hui, ils sont une procédure économique de l’ancien temps, du temps sans Internet. Aujourd’hui les jeunes achètent au moment où ils en ont besoin et quand ils en ont besoin, et ce, en un clic. » Il constate également une méfiance des jeunes à l’égard des articles soldés, citant « la manipulation des tarifs de réduction : hier un pantalon était vendu à 30 euros, aujourd’hui il est affiché soldé mais à 50 euros. »
La seconde main en pleine expansion
L’augmentation du coût de la vie et les préoccupations environnementales ont fait gagner du terrain à la seconde main. Si Léa reste majoritairement attachée aux vêtements neufs, elle achète occasionnellement sur Vinted. Mathilde a presque totalement basculé : depuis deux ans, 90 % de ses achats vestimentaires sont de seconde main, trouvés en brocante, vide-greniers ou sur des plateformes spécialisées. « Les vêtements qu’on peut y trouver ont beaucoup plus d’âme », estime-t-elle. Une démarche motivée par le prix et l’impact environnemental : « C’est moins cher que le neuf, plus écologique et il y a déjà beaucoup trop d’habits sur Terre pour en acheter des neufs. »



