Un périple exceptionnel de 13 000 kilomètres
Djivann Ostrowska, un jeune Montpelliérain de 22 ans, vient d'accomplir une aventure hors du commun : un tour du monde à vélo d'une année complète, avec pour compagnon de route un mini-piano. Parti le 8 avril 2025 de Montpellier, il y est revenu exactement un an plus tard, après avoir parcouru 13 000 kilomètres à travers plus de 25 pays différents. Son visage rougi par le soleil témoigne des milliers de kilomètres parcourus, mais son sourire discret révèle la satisfaction d'avoir réalisé ce défi sportif, humain et musical.
Un itinéraire planétaire et des rencontres inoubliables
Son parcours l'a mené de Montpellier jusqu'en Estonie, puis il a emprunté le Transsibérien en Russie avant de se diriger vers la Corée du Sud, le Japon et l'Asie du Sud-Est. Il a ensuite longé les côtes américaines, à l'ouest puis à l'est, pour finalement traverser le Portugal, l'Espagne et Andorre. Chaque jour, il parcourait entre 70 et 100 kilomètres à vélo, en s'accordant une journée de repos hebdomadaire souvent consacrée à la visite des grandes villes traversées.
Ce qui l'a le plus marqué durant ce périple ? Les rencontres humaines. Il a principalement logé chez l'habitant grâce à la plateforme Warmshower, favorisant ainsi des échanges authentiques avec les populations locales. "J'ai adoré la Corée du Sud pour l'accueil et les rencontres avec les gens", confie-t-il. Au fil des routes, une dizaine de personnes ont même pédalé à ses côtés, parfois pendant plusieurs jours consécutifs.
Un piano portable et des projets musicaux ambitieux
Passionné de piano depuis l'âge de 14 ans, Djivann n'a pas voulu se séparer de son instrument. Il a emporté un mini-piano de 4,3 kilogrammes, composé de trois modules assemblables. Ancien élève des lycées Joffre et Jean-Monet à Montpellier, titulaire d'une licence de musicologie Jazz obtenue en 2024, il partageait déjà des tutoriels de piano sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme "La chèvre piano". Une petite chèvre en peluche l'a d'ailleurs accompagné tout autour du globe.
Durant son voyage, il a animé des ateliers de musique dans des écoles de pays défavorisés et lancé une cagnotte pour offrir des pianos à des établissements scolaires, tout en finançant partiellement son aventure. "J'ai rencontré des musiciens, mais pas autant que j'aurais souhaité", admet-il. "C'était très varié : j'ai notamment joué avec un ancien professeur de musique qui pratiquait le hautbois thaïlandais !"
Inspiré par les pays traversés, il a composé plusieurs morceaux de piano qui figureront dans un album qu'il compte finaliser d'ici un mois et demi. "Au fil du temps, j'ai créé des pièces musicales inspirées des cultures que j'ai découvertes", explique-t-il avec enthousiasme.
Des difficultés surmontées et des paysages magnifiques
Un voyage d'une telle envergure n'est pas exempt de difficultés. Djivann a souffert d'une tendinite avant d'arriver en Pologne, qui l'a accompagné pendant un mois et demi jusqu'aux pays baltes. Il évoque également une journée cauchemar au Japon, où il a dû démonter son vélo pour entrer dans une gare, faire face à un train retardé de cinq heures, courir partout et se passer de repas. "Mais c'est aussi un très bon souvenir, car ma mère m'a rejoint ce jour-là", précise-t-il. Ils ont ensuite pédalé ensemble au Japon, au Vietnam et au Cambodge.
Les paysages ont été une source d'émerveillement constant, notamment ceux de la côte californienne. Tout au long de son périple, Djivann a veillé à polluer le moins possible, adoptant une démarche respectueuse de l'environnement.
Un message d'accessibilité et une transformation personnelle
Interrogé sur la réaction des gens en apprenant son tour du monde, il répond : "Ça les faisait rêver, bien sûr. Mais je leur disais que c'est accessible. Il faut s'en donner le temps et les moyens, avec un budget total inférieur à 15 000 euros. Le rythme du voyage, la mécanique, ça s'apprend vite. Le corps s'adapte. Il y a des galères, forcément, mais franchement, ça vaut le coup."
Ce voyage l'a profondément transformé. "Je ne suis plus le même ! En pédalant, j'ai eu beaucoup de temps pour réfléchir à ce que je veux faire, où je veux vivre, quelles sont mes valeurs et mes priorités. J'ai encore à faire le point avec tout ça", confie-t-il.
Une soirée de partage à Montpellier
Le jeudi 28 mai, à 19 heures, Djivann Ostrowska partagera son expérience lors d'une grande soirée à la Maison pour tous Frédéric Chopin, dans le quartier des Beaux-Arts à Montpellier. Au programme : projection de photos, échanges avec le public et un concert de piano où il interprétera certainement quelques-unes de ses compositions inspirées par ce tour du monde extraordinaire.



