Au Chetom, une spécialiste aide les chercheurs à plonger dans l'histoire des Troupes d'Outre-mer
Le Centre d'histoire et d'études des Troupes d'Outre-mer (Chetom), situé à Fréjus, est un lieu fascinant mais méconnu. Jouxtant le musée des Troupes de Marine, ce vaste bâtiment abrite un patrimoine exceptionnel : 1 500 cartons d'archives, 15 000 documents référencés, 35 000 livres, 1 400 cartes, 300 plaques de verre et un riche fonds iconographique comprenant gravures, dessins et photos de plusieurs époques.
La responsable, Sandrine Crépet, est une passionnée d'histoire qui met son expertise au service des chercheurs. Chaque année, elle accueille entre 50 et 100 personnes : étudiants en master ou en thèse, historiens, militaires, particuliers enquêtant sur un aïeul, un fait de guerre ou l'historique d'une compagnie. Après une demande écrite précisant le sujet, elle examine les archives et fournit les références nécessaires. « Je réponds à chaque demande après avoir examiné les archives et je fournis les références », explique-t-elle avec enthousiasme.
Parmi les demandes marquantes, elle cite la recherche sur le fort Niagassola, qui lui a pris six mois d'investigations. Mais ce qui la touche le plus, ce sont les photos de guerre. Fille de militaire et elle-même engagée dans l'armée de terre pendant vingt ans, Sandrine Crépet a été sergent-chef dans l'artillerie. « Les conditions étaient dures mais il y avait beaucoup de respect », confie-t-elle, évoquant ses stages commandos, les marches de 100 km et les opérations extérieures à Djibouti ou en Côte d'Ivoire.
Le Chetom a été créé en 1996 pour conserver, valoriser et diffuser le patrimoine historique des troupes coloniales et des troupes de marine françaises. Il sert de dépôt pour les archives du ministère de la Défense, réunissant tous les éléments spécifiques à l'histoire militaire de la France et de l'Outre-mer. Les fonds sont constitués de documents publics et de dons privés d'anciens combattants ou de leurs enfants.
« Notre plus vieux document ? La loi relative aux sous-lieutenants des régiments d'infanterie de marine datée de 1792 », précise Sandrine Crépet. L'inventaire est un travail de longue haleine, d'autant que les mécènes continuent de fournir des souvenirs de leurs aînés : gravures, lettres, livres.
Sandrine Crépet, ancienne adjointe au maire de Fréjus chargée des affaires scolaires, se consacre désormais à collecter, classer, conserver et communiquer sur ce patrimoine. Elle accueille aussi les scolaires avec plaisir, transmettant sa passion pour l'histoire. Le Chetom offre à chacun la possibilité de réaliser des recherches, après une demande écrite, et met à disposition des fonds publics et privés. Les chercheurs peuvent consulter les inventaires pour cibler les documents utiles à leurs travaux.
À noter la prochaine conférence au Chetom le 18 juin : « La guerre des pâtisseries, Veracruz 1838 » par Marc Morillon, médecin militaire et vice-président des Amis du musée des Troupes de marine.



