Des forages controversés autorisés dans une zone protégée pour la future LGV
La préfecture de l'Hérault a émis un arrêté le 8 avril autorisant neuf forages, dont un pouvant atteindre 80 mètres de profondeur, dans le périmètre de protection rapprochée de la source d'Issanka. Cette source est cruciale car elle alimente la ville de Sète en eau potable. Ces investigations sont menées dans le cadre des préparatifs pour la construction de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) entre Montpellier et Perpignan, dont la première phase de travaux est prévue pour démarrer en 2029.
Une décision qui fait bondir les opposants au projet
Cette autorisation a provoqué une vive réaction parmi les détracteurs du tracé de la LGV, notamment les élus locaux et les comités de défense de l'environnement. Laura Seguin, élue d'opposition à Sète et à l'Agglomération, qualifie cette décision de "grave" et en contradiction majeure avec la déclaration d'utilité publique de 1988 qui protège la source d'Issanka. Elle dénonce un "choix politique inacceptable" où une infrastructure de transport prend le pas sur une ressource en eau vitale, sans alternative crédible pour la remplacer.
Le comité des usagers du bassin de Thau a également exprimé son opposition, soulignant les risques de pollution pour les ressources en eau douce locales. Michel Garcia, ancien vice-président de l'Agglo et président de la Commission locale de l'eau (CLE), rappelle que même un mouton n'est pas autorisé à paître dans cette zone en raison des risques de contamination par ses déjections, illustrant ainsi le niveau de protection normalement exigé.
Les justifications de la préfecture face aux critiques
La préfecture justifie ces forages par la nécessité d'acquérir davantage de données sur les hydrosystèmes locaux avant de se prononcer sur la faisabilité du projet de LGV sans risquer d'altérer le champ captant d'Issanka. Les services de l'État estiment que ces investigations ne bouleversent pas l'économie générale de la déclaration d'utilité publique de 1988 à ce stade du projet.
Cependant, cette position est contestée par l'Agglomération et des maires comme Florence Sanchez de Poussan, qui craignent que des forages trop profonds dans un sous-sol calcaire ne touchent la couche aquifère et ne polluent la source. Une motion exigeant le strict respect de la protection de 1988 sera présentée au conseil municipal de Sète, et des recours juridiques sont envisagés contre l'arrêté préfectoral.



